DECES DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BA À L’UCAD : Opposition et société civile expriment leur indignation

Au lendemain des violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), qui ont entraîné la mort de l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba, plusieurs partis de l’opposition et organisations de défense des droits humains ont exprimé leur indignation et appelé à des enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités.

Le député de l’opposition Thierno Alassane Sall (TAS) a vivement critiqué la communication gouvernementale à la suite du drame. Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien ministre a dénoncé une « communication de crise des incompétents », reprochant notamment aux autorités une réaction tardive et une stratégie consistant, selon lui, à faire porter la responsabilité des événements sur les étudiants.

Dans un communiqué rendu public le 10 février, le Parti démocratique sénégalais (PDS) a, de son côté, exprimé sa « profonde tristesse » et son « indignation » face à ce qu’il qualifie de « drame national ». Le parti accuse le gouvernement d’avoir privilégié « l’intimidation et la répression » face à des revendications sociales liées notamment aux retards de paiement des bourses, et réclame l’ouverture d’une enquête indépendante ainsi que le paiement sans délai des arriérés dus aux étudiants.

La Nouvelle Responsabilité (NR), dirigée par l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a également condamné les violences survenues sur le campus, appelant les autorités à renoncer à toute forme de violence dans les universités tout en invitant les étudiants à privilégier le dialogue afin de favoriser le retour rapide à un climat apaisé propice à la reprise normale des enseignements.

Même tonalité du côté du Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal), qui a dénoncé des interventions des forces de l’ordre jugées « brutales » et « indignes d’un État démocratique ». Le parti appelle à la cessation immédiate des opérations sécuritaires dans les universités et à l’ouverture d’un dialogue urgent avec les étudiants afin de restaurer l’apaisement.

Parallèlement, plusieurs organisations de défense des droits humains — Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), AfrikaJom Center, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) et Amnesty International Sénégal — ont exprimé leur « profonde préoccupation » face à la persistance des violences dans les universités publiques. Les ONG condamnent l’usage qu’elles jugent disproportionné de la force lors de l’intervention du 9 février et exigent l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale pour faire la lumière sur les circonstances du décès de l’étudiant.

Ces organisations appellent également au respect strict des franchises universitaires, au retrait des forces de sécurité des campus, à la libération des étudiants détenus et à l’ouverture de concertations inclusives sur la réforme du système d’attribution et de paiement des bourses, considérée comme l’une des principales sources de tension dans le milieu universitaire.

Face à l’émotion suscitée par ce drame, l’ensemble de ces acteurs politiques et de la société civile insiste sur la nécessité d’établir la vérité, de situer les responsabilités et de privilégier le dialogue afin d’éviter une nouvelle escalade des tensions dans les universités sénégalaises.

Le Collectif des Amicales annonce une plainte contre l’Etat et une autre contre Sonko pour diffamation 

Le Collectif des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), structure représentant la communauté estudiantine, a dénoncé dans un communiqué publié ce mardi la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue lors de l’intervention des forces de l’ordre sur le campus social le 9 février 2026. Selon le collectif, l’étudiant aurait été « brutalement torturé à mort par les policiers » alors qu’il se trouvait dans sa chambre et n’avait pas participé aux affrontements.

Le collectif précise que cette intervention a eu lieu malgré la journée noire décrétée par les étudiants, journée au cours de laquelle ces derniers étaient appelés à rester dans leurs chambres. Les forces de l’ordre seraient entrées sur le campus vers 10h, tirant à bout portant sur des étudiants désarmés, avant de procéder à des perquisitions violentes et au saccage de pavillons dans l’après-midi, causant blessures, destructions et vols de biens personnels.

Dans son communiqué, le Collectif des Amicales tient « l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur et le ministre de l’Intérieur », pour pleinement responsable de cette tragédie. Il annonce son intention de poursuivre ces responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales, et de porter plainte pour diffamation contre le Premier ministre.

Le collectif appelle également les organisations de défense des droits humains à constater les « actes de tortures et de barbaries » commis sur ordre d’un gouvernement qu’il qualifie de « suffisant et autoritaire ». Il présente ses condoléances à la famille du défunt et affirme que le camarade Abdoulaye Ba, « martyr de la cause estudiantine », sera immortalisé sur le campus.

En réponse à ces événements, le Collectif des Amicales a décrété « université morte » jusqu’à nouvel ordre et demande aux étudiants de rentrer chez eux. Il exige la prise en charge des revendications estudiantines, la libération de tous les camarades arrêtés, la sanction des coupables et des démissions au plus haut niveau.

Enfin, le collectif critique vivement la décision du COUD de fermer le campus social sans concertation avec les instances représentatives des étudiants, qualifiant cette mesure « d’irresponsable » et porteuse de « conséquences graves ». Il réaffirme son engagement en faveur de la défense des intérêts de la communauté estudiantine et de ses droits.