Alors que la procédure pour blanchiment de capitaux visant le député de l’opposition Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, n’a pas encore connu son épilogue, une nouvelle enquête a été ouverte, provoquant la colère de ses partisans qui ont déjà annoncé une manifestation devant l’Assemblée nationale.
Lundi, l’Assemblée nationale a ratifié la liste des dix députés devant composer la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire de M. Ngom, visé par de nouvelles accusations. La commission, dominée par des membres de la majorité parlementaire (PASTEF), est composée de Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao et Ansoumana Sarr. Djimo Souaré représente le groupe Takku Wallu (opposition), tandis que Moussa Hamady Sarr est député non-inscrit.
Après la ratification de la liste, les membres de la commission doivent se réunir pour installer leur bureau et se prononcer sur le projet de résolution relatif à la levée de l’immunité de Farba Ngom.
Déjà en détention préventive depuis février 2025 pour blanchiment de capitaux, le député fait désormais face à de nouvelles accusations annoncées par la ministre de la Justice, Yassine Fall. Selon elle, une enquête a été ouverte pour des faits présumés de « trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public » après la découverte de deux téléphones portables dans sa cellule. Ces appareils auraient servi à diffuser des procès-verbaux confidentiels, partager des contenus à caractère pornographique et échanger des informations susceptibles de troubler l’ordre public, y compris avec des personnalités politiques et des journalistes, y compris depuis l’étranger.
Pour la garde des Sceaux, ces éléments ne confirment pas l’argument de la défense selon lequel une pathologie rendrait la détention incompatible avec son état de santé.
Face à cette nouvelle procédure, les partisans de Farba Ngom ont réagi avec fermeté, annonçant une manifestation devant l’Assemblée nationale pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des poursuites politiques et exiger la protection de leur député.
Rappelons que l’immunité parlementaire de Mouhamadou Ngom avait déjà été levée en janvier 2025 dans le cadre de l’affaire de blanchiment de capitaux portant sur 125 milliards de francs CFA, et qu’il est poursuivi dans une procédure distincte de celle visant l’homme d’affaires Tahirou Sarr, actuellement sous contrôle judiciaire.