PLASTIC ODYSSEY DE RETOUR À DAKAR : Dr Abdourrahmane Diouf voit une opportunité pour l’emploi et l’environnement

Trois ans après son premier passage, le navire Plastic Odyssey est de retour au port de Dakar. Une escale marquée, ce mardi, par la visite officielle du Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, Dr Abdourahmane Diouf, venu saluer une initiative qui conjugue innovation, création d’emplois et lutte contre la pollution plastique.

Présent au Sénégal, Plastic Odyssey clôture à Dakar une partie essentielle de son tour du monde, entamé il y a trois ans et jalonné de 37 escales internationales. Cette nouvelle étape confirme la place centrale qu’occupe le Sénégal dans la stratégie de l’expédition, devenue aujourd’hui un véritable laboratoire de solutions concrètes contre le péril plastique.

Au cours de sa visite, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a parcouru les différents espaces du bateau, chacun illustrant une réponse opérationnelle à la crise du plastique. L’atelier de recyclage embarqué a permis de démontrer comment les déchets plastiques peuvent être transformés en matériaux de construction utiles, tandis que le laboratoire zéro déchet a mis en avant des alternatives pour réduire le plastique à la source, notamment en limitant l’usage unique.

La visite s’est poursuivie dans l’espace de formation, dédié à l’accompagnement de projets locaux de gestion des déchets. Un modèle déjà expérimenté à Dakar, avec le développement d’unités de recyclage décentralisées adaptées aux réalités locales.

À l’issue de la visite, Dr Abdourahmane Diouf a salué l’expertise de Plastic Odyssey et souligné les opportunités qu’elle offre au Sénégal. « Nous avons vu qu’avec des budgets relativement modestes, de l’ordre de 60 millions de francs CFA, il est possible de mettre en place de petites unités industrielles de recyclage capables de créer jusqu’à 30 000 emplois », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, la généralisation de ces unités dans les capitales régionales et départementales permettrait de répondre simultanément à deux défis majeurs : la pollution plastique et le chômage des jeunes. Il a également rappelé l’existence de la loi plastique au Sénégal, dont l’application effective est actuellement discutée avec les acteurs du secteur, afin de réduire durablement la consommation de plastique.

Le ministre a mis un avant un autre point fort. Il s’agit de la dimension internationale du projet. En s’arrêtant dans des pays comme le Kenya ou le Maroc, Plastic Odyssey capitalise sur des expériences locales qu’il adapte ensuite aux contextes nationaux. « Ce partage d’expériences est extrêmement précieux pour nous, car nous faisons face au même péril », a-t-il souligné.

La sensibilisation des jeunes générations constitue également un pilier essentiel de cette collaboration. Lors de la visite, des élèves étaient à bord du navire, illustrant l’importance accordée à l’éducation à la citoyenneté environnementale, un axe prioritaire du ministère.

Pour Benoît Blanchet, dirigeant de Plastic Odyssey Factories au Sénégal, cette escale est l’aboutissement d’un engagement de long terme. Installé dans le pays depuis trois ans, il a rappelé que Dakar abrite aujourd’hui la base opérationnelle de l’organisation.
« Nous avons développé ici une entreprise de recyclage et un réseau de petites unités containerisées, déployées en partenariat avec des entrepreneurs sénégalais dans les régions », a-t-il expliqué.

Selon lui, la hausse de la consommation de plastique, liée à la croissance démographique et économique, impose le développement rapide d’infrastructures de traitement, mais aussi de solutions de substitution. Le rôle de Plastic Odyssey consiste ainsi à accompagner les entrepreneurs, partager des modèles économiques éprouvés et faciliter l’accès aux technologies et aux financements, en étroite collaboration avec l’État et la société civile.

L’escale de Dakar s’inscrit également dans le cadre du projet SUNU Plastic Odyssey, lancé en juin 2024. Cette initiative ambitieuse vise à structurer une filière locale de recyclage plastique autour de trois leviers : le déploiement de 10 unités de recyclage décentralisées et l’incubation de 10 entrepreneurs, la formation professionnelle de 1 000 jeunes, la sensibilisation de 5 000 enfants aux enjeux de l’économie circulaire.

Soutenu par l’Ambassade de France au Sénégal, l’Institut français du Sénégal, Auchan, AGL et le COJOJ, le projet ambitionne de faire du recyclage un moteur de développement durable et d’emploi.

Le 16 février, Plastic Odyssey quittera Dakar pour mettre le cap sur le Cap-Vert, avant une dernière mission sur l’île déserte de Santa Luzia, puis un retour final vers la France. Mais au Sénégal, l’empreinte du navire restera durable.

« Nous allons mobiliser tous nos moyens pour réduire le péril plastique, créer des emplois, partager les expériences et renforcer l’éducation environnementale. Ensemble, nous pouvons préserver notre écosystème et bâtir un avenir plus durable », a conclu Dr Abdourahmane Diouf.