Alors que l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) traverse une période de turbulences marquée par la fermeture prolongée des amphithéâtres et la paralysie des activités pédagogiques, un vent de solidarité souffle depuis Kaolack. Le Secrétaire général de la Mairie de Kaolack, Monsieur Mbaye Ngom, est venu à la rescousse des étudiants originaires de la cité du Bassin arachidier, bloqués dans la capitale sans perspective immédiate de cours.
En étroite collaboration avec la Coordination de la Fédération des Amicales Kaolackoises dans les universités du Sénégal, M. Ngom a pris une mesure forte : la mise à disposition d’un grand bus affrété par la municipalité pour permettre aux étudiants résidant à l’UCAD de regagner dignement leur terre natale. Une initiative salutaire alors que beaucoup d’entre eux, confrontés aux difficultés de la vie dakaroise en période de soudure, voyaient leurs maigres ressources s’épuiser.
Dans un contexte où les perturbations académiques s’éternisent et où le coût de la vie à Dakar devient de plus en plus insoutenable pour les familles, ce geste revêt une dimension particulière. Il ne s’agit pas seulement d’un transport : c’est un trait d’union entre la ville et ses fils et filles, un signe que Kaolack n’abandonne jamais les siens.
« Nous ne pouvions rester insensibles à la détresse de notre jeunesse estudiantine. Ces jeunes sont l’avenir de notre cité. Leur offrir les moyens de rentrer chez eux dans de bonnes conditions est un devoir, plus qu’un choix », a confié Mbaye Ngom, dont l’engagement constant auprès des associations estudiantines n’est plus à démontrer.
Les bénéficiaires, visages apaisés, n’ont pas caché leur émotion. Beaucoup saluent une action qui dépasse le simple cadre matériel pour s’inscrire dans une véritable dynamique de reconnaissance. « C’est un ouf de soulagement. La mairie nous prouve qu’elle est à notre écoute », témoigne un étudiant en Lettres modernes, sac sur l’épaule, prêt à embarquer.
Ce bel élan de solidarité, qui associe autorités municipales et cadre fédératif des étudiants kaolackois, illustre une certaine idée de la gouvernance locale : celle qui place la jeunesse au cœur des priorités. Alors que l’incertitude demeure quant à la réouverture effective des campus, cette initiative pourrait faire des émules ailleurs au Sénégal.
En attendant de retrouver le chemin des amphithéâtres, c’est vers Kaolack que convergent les regards et les cœurs. Une preuve que la réponse aux crises peut parfois venir de la province, là où battent les solidarités authentiques.