La tension monte au sein de la mouvance présidentielle. Une vive polémique a éclaté après la sortie médiatique de Bougar Diouf, membre de l’Union des Panafricanistes Africains et de la coalition « Diomaye Président », qui a affiché son soutien à une éventuelle candidature de l’ancien chef de l’État Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).
En réaction, la présidente de la coalition « Diomaye Président », le Dr Aminata Touré, est montée au créneau pour désavouer publiquement cette initiative. Dans une déclaration d’une rare fermeté, elle a adressé une mise en demeure solennelle à Bougar Diouf, lui demandant d’annuler la conférence de presse annoncée pour soutenir l’ancien président. Pour Mimi Touré, cette démarche constitue une « attitude fractionniste » incompatible avec la discipline et la cohésion internes de la coalition. « La Coalition Diomaye Président n’est absolument pas sur la position de soutien que tu affiches à l’endroit de l’ancien Président Macky Sall », a-t-elle martelé, rappelant que toute prise de position engageant la coalition doit faire l’objet d’un consensus préalable.L’ancienne Première ministre fonde également son argumentaire sur le bilan controversé des dernières années du régime de Macky Sall. Elle évoque la mort de plus de 80 manifestants entre 2021 et 2024, ainsi que l’emprisonnement, durant 11 mois, de l’actuel chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, alors opposant. Des éléments qu’elle juge incompatibles avec un quelconque soutien politique de la coalition à l’ancien président.
L’avertissement est sans ambiguïté. Selon Aminata Touré, maintenir la conférence de presse équivaudrait à une rupture avec la ligne de la coalition. « En faisant cette conférence de presse, tu t’auto-exclurais toi-même de notre coalition », prévient-elle, soulignant que l’appartenance à un bloc politique suppose des concessions individuelles au profit du consensus collectif. En exigeant l’annulation pure et simple de la sortie médiatique annoncée, Mimi Touré entend préserver la cohérence de la vision portée par le président Bassirou Diomaye Faye et éviter toute cacophonie au sein de la majorité. Cet épisode révèle toutefois des lignes de fracture au sein de la coalition « Diomaye Président », laissant planer le spectre d’une crise interne susceptible d’ébranler davantage la cohésion de la mouvance présidentielle.