Le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, a fait face aux députés ce 18 février 2026 à l’Assemblée nationale du Sénégal pour défendre le projet de loi relatif à la sécurité privée.
Au cours des débats, l’honorable députée Thérèse Faye Diouf a exprimé plusieurs inquiétudes, notamment sur la situation des agents de sécurité évoluant dans le secteur privé. Elle a mis en lumière le « grand écart » existant entre les montants versés par les clients aux entreprises de sécurité et les salaires réellement perçus par les agents sur le terrain. Selon elle, cette disparité soulève un véritable problème d’équité et de justice sociale qui mérite d’être encadré par des mécanismes plus rigoureux de contrôle et de transparence.
Réserves sur la création d’un organe de régulation
La parlementaire s’est également interrogée sur l’opportunité de créer un nouvel organe de régulation chargé de veiller à l’application des dispositions prévues par le décret. Pour Thérèse Faye Diouf, des structures étatiques existent déjà, telles que l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP) ou la Direction générale de la Police nationale, qui pourraient assurer cette mission sans entraîner de charges supplémentaires pour l’État. Dans un contexte économique difficile, elle a estimé qu’il convient d’éviter toute dépense susceptible de peser davantage sur les finances publiques.
Hommage à Abdoulaye Ba et appel à l’apaisement
Profitant de son intervention, l’honorable députée s’est inclinée devant la mémoire de l’étudiant Abdoulaye Ba, rappelant que « personne ne doit accepter la mort d’un étudiant » et que l’État doit reconnaître ses responsabilités lorsqu’il y a défaillance. Elle a par ailleurs dénoncé les grèves répétées organisées pour exiger la libération d’étudiants emprisonnés. Dans un appel solennel adressé au ministre de l’Intérieur, elle a demandé leur libération afin de favoriser l’apaisement et de mettre un terme au mouvement de grève qui tend à se généraliser. Par ces différentes interpellations, Thérèse Faye Diouf a placé le débat sur la sécurité privée au croisement des enjeux sociaux, sécuritaires et politiques, appelant à des décisions responsables dans l’intérêt supérieur de la nation.
Abdourakhmane SY