La CEDEAO à travers son Centre pour le Développement du Genre (CCDG), en partenariat avec ONU Femmes à célébré, ce 5 mars 2026, la Journée internationale de la femme. Placée sous le thème : « Faire progresser les droits, la justice et l’action pour toutes les femmes et filles dans le contexte du changement climatique et des transitions écologiques en Afrique de l’Ouest », cette rencontre a rassemblé autorités gouvernementales, organisations de la société civile, étudiants et partenaires internationaux.
L’événement a été une occasion pour les intervenants de souligner la nécessité d’intégrer pleinement la dimension genre dans les politiques environnementales et économiques.
L’Honorable Fatou Sarr Sow, Commissaire en charge du Développement humain et des Affaires sociales de la Commission de la CEDEAO, a rappelé que malgré les progrès réalisés dans la promotion des droits des femmes, des obstacles majeurs persistent.
Elle a souligné que les femmes et les jeunes restent particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique dans la région ouest-africaine.
« L’Afrique de l’Ouest est une région fortement exposée aux dérèglements climatiques. Les femmes et les jeunes en subissent les impacts de manière disproportionnée, notamment à travers la dégradation environnementale, les catastrophes naturelles et les déplacements de populations », a-t-elle déclaré.
Selon elle, ces réalités exigent une transformation profonde des politiques publiques afin de garantir un accès équitable à la justice climatique, aux ressources productives, à la technologie et aux financements verts.
Pour répondre à ces défis, la CEDEAO a mis en place plusieurs initiatives structurantes visant à intégrer la dimension genre dans les stratégies climatiques régionales.
Parmi elles figurent notamment l’adoption de la Stratégie et du Plan d’action Genre 2020-2030 pour la réduction des risques de catastrophe, ainsi qu’une Feuille de route sur les femmes et le changement climatique, élaborée par les ministres du Genre des États membres.
En 2025, la CEDEAO et ONU Femmes ont également lancé une Communauté de pratique ouest-africaine sur le genre et l’économie verte, plateforme destinée à renforcer les capacités, partager les bonnes pratiques et favoriser l’apprentissage entre les pays de la région.
Ces initiatives visent à promouvoir l’accès des femmes aux emplois verts, à encourager leur participation aux politiques climatiques et à renforcer leur leadership dans la transition vers une économie durable.
La Représentante résidente de la CEDEAO au Sénégal, Zelma Yolande Nobre Fassinou, a pour sa part insisté sur la nécessité de passer des engagements politiques à des actions structurantes à long terme.
« Les impacts du changement climatique accentuent les vulnérabilités existantes, alors que les politiques climatiques restent encore trop souvent aveugles au genre. Pourtant, les femmes sont au cœur de la résilience climatique et de la gestion des ressources naturelles », a-t-elle affirmé.
Elle a également souligné que les partenaires régionaux et internationaux travaillent désormais à renforcer leurs collaborations afin de mobiliser davantage de ressources dans un contexte géopolitique mondial de plus en plus incertain.
L’événement, selon elle, constitue une plateforme essentielle de dialogue entre gouvernements, organisations féminines et jeunes leaders afin d’identifier les obstacles au leadership féminin et de promouvoir une transition écologique inclusive.
La jeunesse a également pris part au débat à travers l’intervention remarquée de Mlle Abibatou Dabo, porte-parole des élèves de l’Institut Supérieur de Management (ISM).
Dans un discours engagé, elle a rappelé que le changement climatique agit comme un amplificateur des inégalités sociales.
« Lorsque les sécheresses détruisent les récoltes ou que les inondations déplacent des familles, ce sont majoritairement les femmes qui portent le poids de l’adaptation », a-t-elle souligné.
Elle a également insisté sur la dimension juridique de la justice climatique, rappelant que les crises environnementales affectent directement des droits fondamentaux tels que le droit à l’éducation, à la santé, à l’alimentation et à la dignité.
« Défendre le climat, c’est défendre des droits. Défendre les femmes et les filles, c’est défendre l’avenir même de nos sociétés », a-t-elle déclaré.
La rencontre a permis de prendre plusieurs initiatives concrètes visant à renforcer l’autonomisation économique des femmes. Au Sénégal, certaines politiques publiques illustrent déjà cette dynamique, notamment l’allocation de 30 % du fonds d’appui au développement local à l’autonomisation des femmes dans les zones impactées par les activités extractives.
Pour les responsables de la CEDEAO, ces actions doivent désormais s’inscrire dans une vision régionale plus large, en cohérence avec les objectifs de développement durable et les ambitions de transformation économique de la région.