À l’occasion de la deuxième édition du Climate Women’s Talk 2026, organisée, le jeudi 12 mars 2026, dans le cadre du mois international des droits des femmes, responsables institutionnels, partenaires internationaux et acteurs de la société civile ont réaffirmé le rôle central des femmes dans la lutte contre le changement climatique et dans la construction d’un modèle de développement plus résilient et inclusif au Sénégal. L’objectif est de bâtir une gouvernance climatique plus résiliente, équitable et inclusive, où les femmes sénégalaises pourront jouer pleinement leur rôle d’actrices du changement.
Organisée par le Climate Linguere Club, la rencontre s’inscrit dans les activités du mois international des droits des femmes et vise à promouvoir la participation active des femmes dans la gouvernance climatique.
Prenant la parole au nom du Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, le conseiller technique de la Directrice du changement climatique, Idy Niang, a salué une initiative qui place les femmes au centre du dialogue et de l’action climatique.
Selon lui, la transition écologique ne pourra être pleinement réussie sans l’implication et le leadership des femmes. « Votre engagement pour le climat et l’égalité de genre témoigne d’une conviction profonde : celle que la transition écologique ne se fera pas sans les femmes », a-t-il déclaré.
Comme de nombreux pays du monde, le Sénégal est confronté à des défis environnementaux croissants. L’érosion côtière, la déforestation, la perte de biodiversité, le stress hydrique, la dégradation des sols ou encore l’insécurité alimentaire figurent parmi les menaces qui pèsent sur les communautés.
Ces phénomènes touchent l’ensemble des secteurs économiques, mais leurs impacts se font particulièrement ressentir chez les femmes, notamment dans les zones rurales où elles jouent un rôle central dans l’agriculture, la gestion des ressources naturelles et les activités domestiques.
Malgré cette vulnérabilité, les femmes demeurent au cœur des réponses locales face aux effets du changement climatique. Par leurs savoirs traditionnels, leurs initiatives entrepreneuriales et leurs pratiques agricoles durables, elles contribuent chaque jour à renforcer la résilience de leurs communautés.
Pour Dr. Arame Tall, Directrice du portefeuille Environnement et Climat à la Banque mondiale au Sénégal, le rôle des femmes dans l’adaptation climatique est déjà visible sur le terrain. « Dans de nombreuses communautés du Sénégal, lorsque la pluie ne vient pas, lorsque les récoltes diminuent ou lorsque l’eau devient rare, ce sont les femmes qui trouvent des solutions », a-t-elle souligné.
Elle rappelle que le changement climatique n’est plus une menace abstraite, mais une réalité tangible pour le pays, illustrée par les inondations dans certaines villes, les crues exceptionnelles dans plusieurs régions ou encore l’érosion côtière qui menace des localités comme Bargny ou Saint-Louis.
Selon elle, les conséquences sociales et économiques de ces phénomènes sont considérables. Aujourd’hui, près de 55 % des ménages sénégalais vivent au bord de la pauvreté en raison de chocs climatiques récurrents, et plus de deux millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2050 si des mesures ambitieuses ne sont pas prises.
Face à ces défis, les intervenants ont également insisté sur les opportunités qu’offre la transition écologique. Les investissements dans l’agriculture durable, les énergies renouvelables, la gestion de l’eau ou les infrastructures résilientes pourraient générer des centaines de milliers d’emplois et renforcer la sécurité alimentaire et énergétique du Sénégal.
Mais pour que cette transition soit véritablement inclusive, les femmes doivent pouvoir accéder aux ressources, aux financements, aux technologies et aux opportunités économiques liées à l’économie verte. « Lorsque les femmes avancent, les communautés avancent. Lorsque les femmes innovent, les économies se transforment », a affirmé Dr. Arame Tall.
Le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique affirme déjà avoir engagé plusieurs actions dans ce sens, notamment l’intégration de la dimension genre dans les politiques climatiques nationales, le renforcement des capacités des femmes leaders communautaires et entrepreneures vertes, ainsi que la promotion de financements climatiques inclusifs.
Ces initiatives sont menées en partenariat avec plusieurs institutions internationales, dont ONU Femmes, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Réseau mondial des Plans nationaux d’adaptation ou encore l’Agence française de développement (AFD).
Dans cette perspective, les initiatives citoyennes comme celle du Climate Linguere Club sont saluées pour leur contribution à la visibilité et à la valorisation du leadership féminin dans l’action climatique.
PMF