GESTION DE L’AUTOROUTE À PEAGE : Des voix réclament la renégociation du contrat avec Eiffage

Le débat autour de la gestion de l’autoroute à péage au Sénégal refait surface. Plusieurs voix s’élèvent pour demander à l’État de reprendre le contrôle de cette infrastructure stratégique, tout en redéfinissant les modalités de partenariat avec l’entreprise concessionnaire.

Au cœur des arguments avancés figure la répartition du financement initial du projet. Selon les données évoquées par certains acteurs du débat public, sur les 380 milliards de francs CFA mobilisés au départ, près de 319,2 milliards proviendraient de l’État du Sénégal, donc du contribuable, tandis que l’entreprise concessionnaire n’aurait injecté qu’environ 61 milliards de francs CFA, dont 20,8 milliards de fonds propres et le reste obtenu auprès d’institutions financières.

À cela s’ajoute, selon les mêmes sources, l’importante assiette foncière mobilisée pour la réalisation du projet, également mise à disposition par l’État. Ces éléments alimentent aujourd’hui une interrogation de plus en plus présente dans l’opinion : à qui doit réellement appartenir l’autoroute à péage ?

Pour les partisans d’une reprise en main par l’État, il apparaît difficilement compréhensible que les Sénégalais aient contribué majoritairement au financement d’une infrastructure d’une telle envergure sans en tirer des retombées jugées à la hauteur de l’investissement public consenti.

Dans cette perspective, certains proposent que l’État renégocie les termes du partenariat afin de reprendre pleinement la propriété de l’autoroute, tout en accordant à l’entreprise concessionnaire un pourcentage jugé raisonnable en contrepartie de son implication dans la réalisation et l’exploitation du projet.

D’autres pistes sont également avancées, notamment celle de confier la gestion de l’infrastructure à des structures nationales, comme une Chambre de commerce réformée et modernisée, afin de garantir une gouvernance plus transparente et une meilleure redistribution des revenus générés par l’autoroute.

Au-delà du cas spécifique de l’autoroute à péage, ce débat renvoie plus largement à la question de la souveraineté économique et de la gestion des infrastructures stratégiques au Sénégal. Pour de nombreux observateurs, la renégociation des contrats et la réévaluation des partenariats public-privé pourraient constituer une étape importante dans la redéfinition du modèle de développement du pays.