Les industries cimentières opérant au Sénégal ont publié, ce vendredi 13 mars 2026 à Dakar, un communiqué conjoint dans lequel elles alertent sur le ralentissement du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), observé depuis près de deux ans. Selon elles, cette situation affecte l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction, dont les cimenteries constituent un maillon essentiel.
Dans leur déclaration, les industriels rappellent qu’ils espéraient un environnement économique plus favorable, soutenu par des politiques publiques capables de relancer l’investissement et l’activité dans le secteur. Pourtant, soulignent-ils, la situation demeure tendue, alors même que plusieurs pays de la sous-région enregistrent actuellement des niveaux de croissance significatifs dans les secteurs industriels et de la construction, parfois supérieurs à 20 %.
Les cimenteries affirment avoir toujours agi dans un esprit de transparence et de partenariat avec l’État du Sénégal, en signant des conventions conformes aux orientations nationales visant à encourager l’investissement industriel. Elles estiment que ces engagements traduisent leur volonté constante de contribuer à la stratégie de développement du pays, tout en garantissant la viabilité économique des projets réalisés et en maintenant les prix du ciment parmi les plus bas d’Afrique de l’Ouest.
Sur le plan économique, les entreprises du secteur rappellent qu’elles comptent parmi les contributeurs importants aux finances publiques. Elles participent activement à la croissance en fournissant un matériau essentiel à la construction d’infrastructures telles que les routes, logements, écoles, hôpitaux et équipements publics. « Chaque sac de ciment produit au Sénégal contribue directement à l’édification et à la modernisation du territoire », souligne le communiqué.
Les industriels mettent également en avant les investissements importants réalisés ces dernières années. Selon eux, les projets les plus récents représentent plus de 600 milliards de FCFA d’investissements sur les cinq dernières années, illustrant la confiance des investisseurs dans le potentiel industriel du Sénégal et dans la solidité de son cadre économique.
L’impact social du secteur est également souligné. Les cimenteries affirment générer plus de 10 000 emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs du transport, de la distribution et de la construction. Elles contribuent également à la formation professionnelle des jeunes et soutiennent les communautés locales à travers des initiatives économiques, sociales, éducatives et sanitaires dans leurs zones d’implantation.
Les industriels tiennent par ailleurs à préciser que les chiffres évoqués dans le débat public comme représentant un éventuel manque à gagner pour l’État sont liés à des mécanismes incitatifs accordés par l’État lui-même dans le cadre de conventions destinées à encourager l’implantation de grands projets industriels. Selon eux, ces dispositifs constituent des instruments classiques de politique économique visant à attirer les capitaux, accélérer l’industrialisation et créer des emplois durables.
Ils rappellent également que les différentes conventions minières comportant des clauses de stabilisation ont été signées conformément au code minier en vigueur au moment de l’installation des cimenteries et des investissements réalisés.
Dans ce cadre, l’ensemble des cimenteries du Sénégal a récemment fait l’objet d’audits portant sur leurs contrats. Les entreprises affirment avoir pleinement coopéré à ces processus en fournissant toutes les informations nécessaires dans un esprit de transparence. Toutefois, elles indiquent que les rapports finaux issus de ces audits n’ont pas encore été officiellement restitués ni validés. Elles estiment donc essentiel que les conclusions soient présentées dans un cadre officiel, clair et transparent afin de garantir une appréciation objective et constructive des engagements pris par toutes les parties.
Les cimenteries considèrent néanmoins qu’il s’agit d’un débat administratif qui ne devrait pas affecter les investissements industriels déjà engagés.
Dans leur communiqué, elles réaffirment leur confiance dans les institutions sénégalaises et leur entière disponibilité à poursuivre un dialogue constructif avec les autorités compétentes. Leur objectif, indiquent-elles, demeure inchangé : produire, investir et contribuer durablement à la modernisation du Sénégal, tout en créant des emplois et en soutenant les communautés locales.
Les industriels attirent également l’attention sur le contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Cette situation entraîne une pression importante sur les coûts de l’énergie, du transport et des intrants industriels, ce qui pourrait provoquer une hausse des coûts de production et alimenter des pressions inflationnistes susceptibles d’affecter l’ensemble de l’économie.
Dans ce contexte, les cimenteries jugent essentiel de préserver un environnement stable et favorable à l’investissement industriel afin de soutenir la croissance et de préserver le pouvoir d’achat des populations.
En conclusion, les industries cimentières rappellent qu’elles ne sont pas seulement des producteurs de ciment, mais également des acteurs engagés du développement national. Elles se présentent comme des créateurs d’emplois et des partenaires du progrès économique du Sénégal, réaffirmant leur volonté de maintenir un dialogue ouvert avec les autorités et l’opinion publique.
Le communiqué est signé par les principales industries cimentières installées au Sénégal : SOCOCIM Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et Ciments de l’Afrique Sénégal.