Dr ISAAC SISSOKHO, Pdt PARTI UNDP / YEMALE · MEMBRE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : « 90 jours pour que le Senegal entier prenne la route »

Chaque année, plus de 500 Sénégalais périssent sur nos routes. Non pas à la guerre. Sur des artères qui devraient être des vecteurs de vie, de commerce et de fraternité. Cinq cents mères qui ne reverront jamais leur fils. Cinq cents enfants arrachés à leur père. Cette hécatombe silencieuse n’est pas une fatalité — c’est le symptôme d’un système défaillant que l’urgence des 900 jours nous commande de corriger.

Lors du Conseil des Ministres du 11 mars 2026, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a placé l’accélération des programmes routiers au rang des priorités absolues de la Nation : intensifier les projets d’infrastructures prioritaires, bâtir un nouveau Schéma routier national optimisé en cohérence avec l’urbanisation accélérée et les Pôles de développement. Derrière la sobriété du langage administratif se cache une décision d’une portée historique considérable. En ces temps de tempêtes politiques, où les forces de l’immobilisme multiplient les assauts contre un projet de rupture qui les dérange, ce courage mérite d’être salué sans réserve. Le Président avance. Il tient le cap. Nous avons le devoir de transformer chacune de ses décisions en élan collectif.

Une vision qui s’étend jusqu’en 2050

Ce qui distingue un homme d’État d’un simple gestionnaire, c’est l’horizon sur lequel s’étend sa vision. Un gestionnaire répare les routes qui existent. Un homme d’État pense les routes dont le pays aura besoin dans vingt-cinq ans. En 2050, le Sénégal comptera 25 millions d’habitants supplémentaires. Dakar sera flanquée de métropoles régionales en ébullition, les Pôles de développement ne produiront leur plein effet que si des artères fiables les relient aux marchés et aux ports. Un pôle agro-industriel sans route bitumée est un investissement condamné à la sous-performance. Ce que le Président construit aujourd’hui, c’est la charpente invisible sur laquelle l’économie sénégalaise de la seconde moitié du siècle prendra appui.

« Il pense 2050 alors que ses adversaires pensent 2029. Il bâtit pour ses petits-enfants alors que d’autres calculent pour les prochaines élections. »

Des routes qui tuent : le scandale que nous devons nommer

Parlons sans détour. La vétusté de notre parc automobile est un danger public. Les cars rapides transportent quotidiennement des milliers de Sénégalais sans contrôle technique sérieux ni assurance vérifiable. Quand un véhicule sans freins percute un groupe d’écoliers sur la Nationale 1, ce n’est pas un accident — c’est le résultat prévisible d’un système que nous aurions dû corriger. La corruption dans ce secteur coûte des vies : chaque document de visite technique frauduleusement apposé est un mort en sursis sur nos routes. Le contrôle technique doit cesser d’être une formalité pour devenir un bouclier citoyen — ce qui exige sa dématérialisation totale. Quant au permis à points, éprouvé dans des dizaines de pays, il doit être déployé sans atermoiement. La route entre l’intention et l’acte, en politique, ne se mesure pas en kilomètres : elle se mesure en volonté.

Le numérique : colonne vertébrale d’un réseau routier intelligent

Le numérique n’est pas un luxe réservé aux nations aisées. C’est l’instrument de rattrapage le plus puissant dont disposent les pays en développement. Là où le mobile money a précédé la banque, là où la télémédecine précède l’hôpital, le numérique court-circuite les lenteurs du développement linéaire. Il faut appliquer cette logique révolutionnaire à nos transports. L’IoT — l’Internet des Objets — ouvre des perspectives vertigineuses : des capteurs détectent en temps réel les dégradations des chaussées avant qu’elles ne deviennent des gouffres ; des systèmes d’alerte géolocalisés avertissent les conducteurs d’un obstacle plusieurs centaines de mètres à l’avance ; des bornes intelligentes mesurent en continu les conditions de circulation sur nos nationales rurales. Le Sénégal dispose déjà de 14 000 km de fibre optique et d’une bande passante de 450 Gigabits — la condition sine qua non pour faire de chaque kilomètre de route un kilomètre intelligent. À horizon 2050, nos autoroutes seront des corridors de données autant que des rubans de bitume.

Corruption et transparence : la rupture ou rien

Toute réforme des transports qui éludera la corruption sera condamnée à l’échec. La vérité est systémique : les postes de contrôle routiers, loin d’être des instruments de sécurité, sont devenus pour certains des points de prédation dont le coût se répercute sur le prix des marchandises, in fine sur le quotidien de chaque Sénégalais. La réponse est double : institutionnelle d’abord — sanctions renforcées, mécanismes de signalement anonyme — et technologique surtout. Dématérialiser les procédures d’autorisation, c’est mécaniquement supprimer les interactions qui nourrissent la petite corruption quotidienne. Des plateformes de suivi en temps réel des chantiers routiers, ouvertes à tous les citoyens, transformeraient la société civile en force de contrôle. C’est cela, la rupture promise : non pas la vertu proclamée, mais l’impossibilité organisée de la délinquance.

900 jours : l’urgence organisée

Il nous reste moins de 900 jours. Cette réalité ne doit pas susciter l’anxiété — elle doit provoquer la méthode. Le second semestre 2026 est la fenêtre décisive : conventions à signer, crédits à inscrire en loi de finances 2027, appels d’offres à lancer. Les jalons sont clairs : Schéma routier national finalisé avant fin septembre 2026 ; contrôle technique numérisé et déployé dans les grandes agglomérations d’ici décembre 2026 ; permis à points expérimenté dans une région pilote au premier semestre 2027 ; premiers systèmes IoT installés sur les grands axes avant la fin du mandat. Ceux qui attaquent le Président font un pari cynique sur l’impatience populaire. Nous leur répondons par les faits : une vision jusqu’en 2050, c’est un acte d’État. Un président qui résiste aux lobbies du statu quo, c’est un acte de courage. Et le courage mérite un soutien actif, structuré, programmatique.

Pour une nation qui avance debout

Il y a quelque chose de profondément symbolique dans le fait qu’un président forgé dans l’adversité — dont le chemin vers le Palais a traversé les geôles — mette au premier rang de ses préoccupations l’état de nos routes. Les routes, c’est la vie qui circule : le maraîcher de Niayes qui vend ses tomates avant qu’elles ne pourrissent, la femme enceinte de Matam qui accède à la maternité à temps, le lycéen de Tambacounda qui peut rejoindre l’université. Ces visages-là, le Président les connaît. Il en est issu. Et c’est parce qu’il n’a jamais oublié d’où il vient qu’il gouverne en pensant à où son peuple doit aller.

Numérique, sécurité routière, lutte contre la corruption, désenclavement rural : quatre facettes d’un même impératif. En 2050, quand le Sénégal comptera ses autoroutes intelligentes et ses pistes désenclavées, on se souviendra qu’il a fallu, en 2026, un homme assez visionnaire pour voir au-delà des turbulences et assez courageux pour agir malgré elles.

Le temps presse. Le Sénégal nous regarde. Et 900 jours, ça commence maintenant.

Dr Isaac SISSOKHO

Secrétaire Général — Parti UNDP/YEMALE · Membre de la Coalition Diomaye Président

Expert en Gouvernance, Régulation et Stratégie de Développement Numérique

Ancien Secrétaire Général du Ministère de la Communication, des Télécoms et du Numérique