Cheikh sow le républicain

Aujourd’hui, je prends la plume non pour dénoncer, mais pour exprimer une profonde inquiétude et lancer un appel sincère, en tant que fils natif de Nioro du Rip, un département riche de son histoire, de ses valeurs et de son immense potentiel.

Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, notre département semble relégué au second plan, tant dans les politiques de développement que dans les nominations au sein des instances gouvernementales. Ce constat ne relève pas d’une posture politique, mais d’un cri du cœur porté au nom des milliers de jeunes et des familles de Nioro, qui nourrissaient l’espoir légitime d’un avenir meilleur.

Sous le régime précédent, cet espoir s’incarnait à travers des réalisations concrètes : la construction d’un centre de formation professionnelle, dix kilomètres de routes bitumées, l’installation d’éclairages solaires, la mise en place de canalisations, la réhabilitation du garage et du marché, une maison de la jeunesse…
Plusieurs personnalités issues de notre terroir occupaient alors des postes de responsabilité, que ce soit dans les ministères, les directions générales, les présidences de conseils d’administration ou au sein des missions présidentielles.

Aujourd’hui, malheureusement, Nioro du Rip ne compte plus qu’une seule nomination. Cette situation constitue une injustice manifeste et une marginalisation intolérable pour un territoire qui a toujours œuvré pour la paix, la stabilité et la cohésion nationale. Ce déficit de représentativité prive nos jeunes de l’accès aux ressources, aux programmes, aux projets et aux opportunités cruciales qui dessinent l’avenir.

Confier des responsabilités à une fille ou un fils de Nioro n’est pas un privilège, mais une juste reconnaissance, ainsi qu’une nécessité pour garantir la participation active de notre communauté au développement national.

Notre département, riche de son patrimoine spirituel et culturel, ne peut être laissé dans l’ombre. Il est inconcevable de parler du Sénégal sans évoquer les figures emblématiques telles que Maba Diakhou Ba, Mame Diarra Bousso – mère de Serigne Touba –, Cheikh Ibrahima Niass, ainsi que les villes saintes de Darou Salam, Taïba Niassène et Touba Saloum. Nioro Avec ses quinze communes, mérite bien plus qu’une attention symbolique il mérite une reconnaissance tangible.

Nos revendications sont les suivantes :

  1. La relance des projets initiés sous le précédent régime, notamment l’hôpital, le stade, les domaines agricoles communautaires, etc.
  2. La création d’emplois durables pour la jeunesse, à travers des initiatives structurantes et ambitieuses.
  3. La nomination de filles et fils de Nioro à des postes de décision, afin de défendre et servir notre territoire.

Monsieur le Président, Je vous invite à porter un regard juste, équitable et éclairé sur Nioro du Rip. Le développement du Sénégal ne saurait être complet sans une approche équilibrée, inclusive et solidaire. Nioro a toujours été fidèle à la République ; il est temps que la République lui accorde la reconnaissance qu’elle mérite.

Cheikh Sow, Le Républicain