Réplique sur les DG nantis: Fadilou Keïta matraqué

Le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, est au cœur d’une vive polémique depuis ses récentes déclarations sur les salaires des directeurs généraux. Accusé par certaines rumeurs d’être le DG le mieux payé du Sénégal, il a tenu à apporter des clarifications publiques, notamment lors d’une interview sur la RSI.

Fadilou Keïta a d’abord tenu à rappeler que la fixation de son salaire ne relève pas de sa responsabilité personnelle. « Ceux qui entretiennent ce débat n’avaient rien dit quand on nous a emprisonnés durant 15 mois sans percevoir de salaires. Personne n’a jamais parlé des salaires de mes prédécesseurs. Pourtant, ils percevaient plus que moi. Cela ne me revient pas de fixer mon salaire. C’est du ressort de l’État. S’il l’avait fixé à un seuil raisonnable selon la perception de certains, j’allais m’y soumettre », a-t-il expliqué.

Il précise avoir délibérément rendu public le montant de sa rémunération, estimant que les Sénégalais ont le droit de le savoir. Mais pour lui, ce débat est alimenté par des personnes qui cherchent à ternir l’image de l’État. « Ils répondront devant la justice », a-t-il averti.

Sa sortie, loin d’apaiser les tensions, a déclenché une nouvelle vague de critiques. Des figures connues pour leur proximité avec le pouvoir, comme Mollah Morgun et Ousmane Tounkara, n’ont pas manqué d’exprimer leur désaccord. Ils dénoncent un discours maladroit et déplacé, surtout dans un contexte où les populations subissent une crise économique marquée par la vie chère et les inégalités.

Face à cette polémique grandissante, le directeur général de la CDC invite l’État à agir rapidement pour instaurer une véritable transparence dans la gestion des avantages et rémunérations des hauts responsables. « Nous sommes dans un État où nous avons des caisses noires, des fonds politiques, des primes, des fonds communs… Je pense que l’État doit légiférer sur tout cela et que tout le monde s’y soumette », a-t-il plaidé.

Cette affaire remet une fois de plus sur la table le débat sensible des rémunérations des directeurs d’agences et des sociétés publiques. Entre soupçons de privilèges, manque de transparence et frustrations sociales, la polémique enfle. Elle pose la question plus large de la moralisation de la vie publique, de la gestion équitable des ressources publiques et de la nécessité pour l’État de mettre en place un cadre clair, transparent et accessible à tous.

Pour l’heure, Fadilou Keïta campe sur sa position, niant être le DG le mieux payé du Sénégal, mais son intervention, loin de clore le débat, semble au contraire l’avoir ravivé.