La Cellule des cadres de la grande coalition Gueum Sa Bopp, dénommée « les Jambaars », a tenu ce mardi 08 juillet 2025 une conférence de presse au vitriol. Dans une déclaration au ton ferme, le mouvement a réclamé la démission immédiate du Premier ministre, qu’elle accuse de dérives autoritaires, de mépris institutionnel et d’irresponsabilité économique. Les cadres annoncent également une offensive diplomatique auprès des représentations étrangères pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « recul démocratique dangereux » au Sénégal.
Au centre de leur colère, les récentes attaques du chef du gouvernement contre la justice dans l’affaire de diffamation qui l’oppose à Mame Mbaye Niang. Pour les Jambaars, le Premier ministre a franchi la ligne rouge en accusant publiquement les magistrats de corruption. « Défier une décision de justice, c’est tourner le dos à l’État de droit. S’attaquer à la justice, c’est saboter les fondements de notre démocratie », ont-ils martelé.
Le mouvement estime que le maintien du Premier ministre à la tête du gouvernement est désormais « un fardeau pour la République ». Ils dénoncent sa posture belliqueuse, son absence de résultats, et son incapacité à incarner une solution pour le pays. « Pour l’honneur, pour la paix, pour le peuple : démissionnez », a solennellement lancé la cellule des cadres de Gueum Sa Bopp.
Au-delà de la crise politique, les Jambaars dressent un tableau alarmant de la gouvernance actuelle. Ils pointent du doigt une gestion économique qu’ils jugent catastrophique et totalement déconnectée des priorités des citoyens. « Pendant que le Premier ministre parade à Davos en Chine, le Sénégal profond attend des réponses concrètes. Mais il ne reçoit que frustrations et mépris. »
Parmi les griefs soulevés : la distribution tardive et opaque des semences agricoles, l’absence de bilan de la campagne 2024, la flambée des prix des denrées de première nécessité, l’effondrement du secteur des BTP, l’arrêt des aides sociales, ou encore la non-rationalisation des agences publiques promise avant fin juin. Le mouvement accuse également l’État de s’être transformé en « forteresse budgétaire pour gouvernants privilégiés, pendant que le peuple rase les murs. »
La coalition Gueum Sa Bopp se montre particulièrement préoccupée par l’évolution de la dette publique. Selon leur déclaration, le régime Diomaye–Sonko aurait contracté 4 556 milliards de francs CFA de dettes en 2024, soit plus du double des prévisions de la Loi de Finances Initiale. « En 16 mois, ce régime a porté l’encours de la dette à 10 200 milliards. C’est un emballement irresponsable et périlleux », alerte la cellule des cadres.
Sur le front des libertés, le mouvement dénonce une dérive autoritaire manifeste. Il cite plusieurs cas récents de détentions arbitraires : Bachir Fofona, le chroniqueur Badara Gadiaga, ou encore le journaliste Madiambal Diagne. « Aujourd’hui, tous les chemins mènent à Rebeuss. La République ne peut continuer à être gouvernée depuis le banc des accusés. »
Face à cette situation, la coalition annonce le lancement dès ce jeudi d’une tournée diplomatique d’alerte auprès des ambassades, des ONG de défense des droits humains, ainsi que des instances internationales. Des délégations seront également envoyées à l’étranger avec l’appui de la diaspora.
Le mouvement appelle à un véritable sursaut républicain. Il fustige un pouvoir incapable de traduire ses promesses de rupture en actes. « Changer les hommes ne suffit pas. Il faut changer les règles, les priorités, et les pratiques. Aujourd’hui, le peuple ne voit qu’une continuité maquillée en changement. »
En conclusion, les Jambaars appellent le Premier ministre à se retirer pour « rendre à la République sa dignité et au peuple son espoir ». Ils réaffirment leur confiance dans le leadership de Bougane Gueye Dany, qu’ils présentent comme une alternative crédible et visionnaire face à « l’amateurisme actuel ».