Du 7 au 9 juillet 2025, la ville de Dakar a accueilli la 12ᵉ session ordinaire du Comité Technique des Experts (CTE) du Cadre Permanent de Coordination et de Suivi de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau en Afrique de l’Ouest (CPCS-GIRE-AO). Ce rendez-vous stratégique, piloté par le Centre de Gestion des Ressources en Eau (CGRE) de la CEDEAO, marque une étape décisive dans la relance du processus régional GIRE, amorcée un an plus tôt à Abuja.
La rencontre a rassemblé les points focaux nationaux, les représentants des organismes de bassin, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des experts venus de toute l’Afrique de l’Ouest. L’objectif : impulser une nouvelle dynamique à la gouvernance régionale de l’eau, après une phase d’essoufflement institutionnel.
Dans son intervention, M. Alex Kouakou Kouassi, Directeur du CGRE-CEDEAO, s’est félicité de la relance du processus GIRE, fruit d’un engagement collectif renforcé à l’échelle régionale. « La vitalité retrouvée de la GIRE s’incarne dans cette 12ᵉ session, mais également dans les avancées majeures enregistrées, telles que la directive sur la gestion des ressources en eau partagées et le développement d’infrastructures hydrauliques, adoptées récemment à Abuja », a-t-il indiqué.
Il a également mis en lumière plusieurs initiatives structurantes en cours, notamment la création d’un Forum régional de l’eau, l’élaboration d’un tableau de bord régional et le soutien à l’émergence de nouvelles organisations de bassins transfrontaliers. Ces outils sont destinés à renforcer une gouvernance concertée, face aux pressions croissantes liées aux changements climatiques, à la croissance démographique et à la raréfaction des ressources.
Représentant le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement à la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général du ministère, M. Baboucar Mboundar Ngom, a exprimé la fierté du Sénégal d’avoir accueilli cette session. Il a rappelé que : « La GIRE est aujourd’hui une impérieuse nécessité. Elle répond à des enjeux fondamentaux : accès à l’eau, préservation de la ressource, équité sociale et adaptation au climat. »
Le Sénégal s’est vu salué pour son rôle moteur dans la mise en œuvre de la GIRE, notamment à travers son Plan d’Action 2018–2030, structuré autour d’une gestion par bassin versant. La révision en cours du Code de l’Eau devrait venir consolider ces acquis. Le pays, qui assure actuellement la présidence du Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW), se prépare aussi à coorganiser la Conférence des Nations unies sur l’eau prévue en 2026, confirmant son leadership dans le domaine.
Plusieurs dossiers clés ont été discutés lors de la session : le suivi des résolutions du Comité ministériel, la validation du programme de travail 2025 du CGRE, les grandes initiatives CEDEAO-UEMOA, l’adhésion à la Convention de 1992 sur l’eau, ainsi que la proposition d’institutionnaliser un Forum régional permanent sur l’eau en Afrique de l’Ouest.
Les travaux ont permis de dresser un bilan de mi-parcours encourageant et de formuler des recommandations fortes pour accélérer l’intégration régionale des politiques de l’eau.
En clôturant la session, les participants ont lancé un appel à une action collective et coordonnée, en vue de garantir un accès équitable, sécurisé et durable à l’eau pour les populations ouest-africaines, conformément à l’Objectif de Développement Durable n°6.
« Ensemble, valorisons les ressources en eau pour transformer notre Afrique de l’Ouest », a déclaré M. Kouassi, en insistant sur l’ambition collective de faire de la GIRE un moteur de transformation durable pour la région.