AFFAIRE BADARA GADIAGA: Vives réactions autour de la liberté d’expression

Dakar, le 9 juillet 2025 – Le chroniqueur Badara Gadiaga a été placé en garde à vue ce mercredi à la suite d’une longue audition à la Division spéciale de la Cybercriminalité. Cette interpellation, qui suscite de vives tensions dans l’espace public, fait suite à sa participation à l’émission Jakaarlo diffusée sur la TFM, au cours de laquelle il aurait tenu des propos jugés offensants sur l’affaire dite Sweet Beauté.

Selon des sources proches du dossier, les déclarations du chroniqueur pourraient être qualifiées de diffamatoires ou attentatoires à la sécurité publique numérique. Les enquêteurs cherchent notamment à vérifier leur conformité avec les dispositions légales encadrant la communication publique au Sénégal.

L’annonce de sa garde à vue a immédiatement provoqué une onde de choc. Plusieurs responsables politiques de l’opposition, figures de la société civile, journalistes et défenseurs des droits humains se sont mobilisés pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la liberté d’expression. Dès l’après-midi, un rassemblement s’est formé devant les locaux de la Cybercriminalité, où des slogans en faveur de la liberté de la presse et de la libération immédiate de Gadiaga ont été scandés.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Des leaders comme Déthié Fall, Thierno Alassane Sall, Aminata Touré ou encore Guy Marius Sagna ont dénoncé « un recul démocratique inquiétant », appelant l’État à faire preuve de retenue et à respecter les principes fondamentaux garantis par la Constitution. Du côté de la société civile, des organisations telles que la RADDHO, AfricTivistes ou encore la Coordination des Journalistes du Sénégal (CJS) ont également élevé la voix.

« Nous demandons à l’État de revoir sa position. Les critiques et les opinions divergentes ne doivent pas être criminalisées. Cela envoie un signal négatif à tous ceux qui défendent les droits et les libertés dans notre pays », a déclaré un responsable d’ARTICLE 19 Afrique de l’Ouest.

Sur les réseaux sociaux, les hashtags #LiberezGadiaga, #JusticePourGadiaga et #LibertéDexpression continuent de grimper, témoignage d’un débat de plus en plus vif sur les limites de la parole publique et la place de la critique dans un État démocratique.

Pour l’instant, aucune charge n’a été formellement retenue, mais l’audition du chroniqueur pourrait se poursuivre dans les prochaines heures. Une décision du parquet est attendue, tandis que la pression populaire ne cesse de monter.

Affaire à suivre.