Le tourisme sénégalais ne se construira pas sans sa jeunesse. Ce message fort a résonné ce week-end dans l’amphithéâtre de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, à l’occasion d’un panel de réflexion et d’hommage organisé par le Club Tourisme de l’établissement. Placée sous le thème symbolique « Sargal Sunu Màkk Nii », cette rencontre a permis aux étudiants de saluer l’engagement des pionniers du secteur, tout en posant un regard lucide sur les défis liés à leur insertion professionnelle* .
Autour de la table, plusieurs figures majeures du tourisme sénégalais avaient répondu présent : Doudou Gnagna Diop, président du Conseil d’administration de la SAPCO et parrain de l’événement, Babou Diouf, directeur du Pôle d’Intégration du Tourisme Sénégalais (PITS), Mamadou Ndiaye, président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme, sans oublier Dr Aïssatou Diong Mme Sarr, présidente du Réseau des femmes universitaires du tourisme sénégalais, et le Professeur Gaye, référence académique incontournable du département tourisme de l’Université.
Dans une ambiance empreinte de solennité et de gratitude, Taïb Faye, nouveau président du Club Tourisme, a donné le ton :
«Ce panel est notre modeste manière de dire merci à nos aînés, mais aussi de leur signifier que nous sommes prêts à prendre le relais. Nous avons soif de connaissances, de mentorat, mais surtout de stages et d’opportunités concrètes. »
Un cri du cœur largement partagé par ses camarades, qui dénoncent le manque de mécanismes d’accompagnement pour les jeunes diplômés du secteur, souvent laissés à eux-mêmes à la fin de leur formation.
Endogénéité, insertion et inclusion au cœur des échanges
Prenant la parole en tant que parrain, Doudou Gnagna Diop a salué l’initiative et réaffirmé son engagement constant aux côtés des étudiants :
«C’est la troisième fois que je réponds à l’appel des étudiants de l’Université de Thiès. Cette jeunesse a compris que le tourisme ne peut se développer sans endogénéité ni inclusion. Impliquer les jeunes et les femmes, c’est bâtir un secteur durable. »
Il est revenu sur les engagements pris dans le cadre du PITS, qu’il a cofondé avec le professeur Babou Diouf, notamment à travers un programme de tutorat permettant aux étudiants de découvrir concrètement le fonctionnement des établissements hôteliers :
« Nous avons déjà démarré avec nos partenaires à Saly, mais ce travail doit être intensifié. Il faut que les jeunes soient opérationnels dès leur sortie de l’université. »
Un message que Babou Diouf a amplifié en encourageant les étudiants à prendre davantage d’initiatives :
« Le PITS est là pour faciliter l’intégration des jeunes. Nous avons déjà accompagné plusieurs universités. L’Université de Thiès est la bienvenue. La balle est dans leur camp. »
Un secteur porteur, à condition d’oser
Mamadou Ndiaye, président de l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme, a salué l’engagement de la nouvelle génération et tendu la main au Club Tourisme :
« Vous êtes les relais de demain. Nous devons travailler ensemble. Notre organisation dispose d’un comité scientifique pour vous encadrer dans vos recherches, vous orienter, et surtout vous aider à décrocher des stages. »
Il a aussi annoncé la tenue prochaine de la 7e édition du salon sous-régional Mboka Sénégal Travelling (MST) :
« Ce salon regroupera les huit pôles touristiques du pays, des opérateurs régionaux et internationaux. Les étudiants y ont toute leur place. Ce sera l’occasion de nouer des contacts, d’assister à des panels, et de renforcer leurs compétences. »
Entre rêve et urgence
Si la célébration a rythmé la journée, les interventions ont mis en lumière une réalité préoccupante : les étudiants en tourisme peinent encore à trouver leur place dans un secteur qu’ils souhaitent pourtant dynamiser. L’absence de politiques claires en matière de stages, d’insertion professionnelle et de financement de projets constitue un frein majeur à leurs ambitions.
Le tourisme est indéniablement un levier de croissance. Mais sans une relève bien formée, bien accompagnée et solidement insérée, les promesses du secteur pourraient rester lettre morte.
Le message est clair la jeunesse est prête. Il ne manque que des passerelles solides pour l’emmener plus loin.
Anta Fofana Konaté (Correspondante)