Ngoya Fall, Mame ND. Savon, Aïda Saliou… ordures ou or dur ?
Le Grand Magal de Touba, célébré ce mercredi, a une nouvelle fois mis en lumière des divergences entre les recommandations des autorités religieuses et certaines pratiques observées. Deux faits ont particulièrement retenu l’attention cette année : la persistance de Sokhna Aïda Diallo dans l’organisation de son propre Magal, loin de Touba, et la multiplication d’animations folkloriques orchestrées par certaines célébrités.
En 2019, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, avait fermement recadré Sokhna Aïda Diallo, veuve de Cheikh Béthio Thioune. Il l’avait appelée à se conformer strictement à la charia et à se ranger derrière Serigne Saliou Thioune, désigné pour poursuivre l’œuvre de son défunt époux. « Avant d’être mouride, il faut d’abord être une bonne musulmane », lui avait-il rappelé, menaçant d’exclusion toute persistance dans des pratiques jugées inappropriées. Malgré ce rappel, Sokhna Aïda Diallo a encore organisé sa propre célébration du Magal cette année, mais en dehors de la ville sainte.
Parallèlement, le comité d’organisation du Grand Magal déplore la montée en puissance du folklore, porté notamment par des figures connues comme Mame Ndiaye Savon, Ngoya Fall et d’autres personnalités médiatiques. Ces prestations, souvent relayées sur les réseaux sociaux et par certaines chaînes, sont perçues comme une banalisation de l’événement religieux.
Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma, président de la Commission Culture et Communication, a tapé du poing sur la table. Il a averti que les médias accrédités pour le Magal qui se livreraient à la promotion de ces scènes perdront leur autorisation. « Nous n’accréditerons plus aucun média qui couvre des banalités à Touba et nous retirerons l’accréditation à tout média qui ne respectera pas cette règle », a-t-il déclaré. L’objectif : recentrer le Magal sur ses dimensions spirituelles — lectures du Coran, récitation des Khassaïdes et actes de partage — loin des distractions profanes.
Cette fermeté traduit la volonté des autorités religieuses de préserver la sacralité de l’événement et de rappeler que le Magal n’est pas une foire médiatique ni un prétexte à des mondanités, mais un moment de ferveur, de souvenir et de dévotion.