Le président du mouvement Xall Yoon, Lamine Guèye, a tenu ce lundi une conférence de presse au siège de son organisation. Face aux journalistes, il a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance actuelle, tout en appelant à un changement de cap économique et politique pour le Sénégal.
Selon lui, « depuis l’avènement des pastefiens au pouvoir, le Sénégal, à part sa position géographique et ses frontières, est en train de tout perdre ». Il dénonce une restriction des libertés publiques, notamment la liberté d’expression, et une Assemblée nationale qu’il assimile désormais à « un grand théâtre » plutôt qu’à un lieu de débats démocratiques.
Le leader de Xall Yoon a également fustigé la gestion des affaires publiques sous le régime actuel, citant notamment « l’affaire ONAS et AZER toujours pas élucidées », qu’il juge préoccupantes car touchant directement la vie des Sénégalais à travers les inondations et l’électrification rurale. Pour Lamine Guèye, la transparence et la bonne gouvernance ne semblent plus être une priorité. Il estime que les derniers rapports d’exécution budgétaire publiés illustrent un recul dans la gestion des finances publiques.
Le président du mouvement Xall Yoon rejette catégoriquement le « plan de redressement » prôné par le gouvernement, qu’il assimile à « une austérité » et à « une reculade de 24 ans en moins ». « Ce plan est synonyme de misère. Les Sénégalais ne méritent pas une telle souffrance », a-t-il martelé. À ses yeux, le Sénégal n’a pas besoin d’austérité mais d’« un plan de relance économique » fondé sur des investissements massifs. Il rappelle que le pays dispose de ressources naturelles considérables, d’une stabilité institutionnelle et d’un potentiel agricole qui devraient être mis à profit pour impulser le développement.
Parmi les mesures proposées par Xall Yoon figurent la diversification des partenariats financiers en s’ouvrant au BRICS, à la Chine et à d’autres puissances mondiales, la création de nouvelles villes métropoles grâce à des financements structurants, une tarification différenciée de l’électricité selon les zones économiques afin de réduire les inégalités territoriales, la valorisation de l’agriculture comme moteur central de l’économie, l’interdiction d’exporter les matières premières à l’état brut hors pétrole et gaz, la réduction du train de vie de l’État et de ses démembrements, ainsi que des nominations fondées sur la compétence plutôt que sur « des propos dithyrambiques » à l’endroit du président Ousmane Sonko.
En conclusion, Lamine Guèye a appelé à une rupture avec la politique économique actuelle, qu’il considère comme dangereuse pour l’avenir du pays. « Le Sénégal n’a pas besoin de redressement mais plutôt d’une relance ambitieuse, portée par une vision souveraine et juste », a-t-il insisté.