Ingénieur financier, docteur en finance internationale et en leadership, président du parti Pass-Pass et ancien candidat recalé de la présidentielle de 2024, Dr Mouhamed Ben Diop dresse un bilan sévère de la gouvernance actuelle. Dans cet entretien, il dénonce un recul démocratique, un échec socio-économique et affirme que son parti reste engagé dans le combat social et politique pour un Sénégal souverain et prospère. Entretien
Présentez-vous ?
Je suis Dr Mouhamed Ben Diop, Ingénieur Financier, Docteur en Finance Internationale & Management, Docteur en Leadership et Intelligence Stratégique, Expert en Risk Management et Consultant International en systèmes d’information, avec plus de 27 ans d’expérience. Sur le plan politique, je suis Président du parti Pass-Pass, ancien candidat à la dernière présidentielle et figure marquante des spoliés du « Cas zéro », premier candidat déclaré « non présent dans le fichier électoral » et qui, finalement, a pu voter sans encombre le jour du scrutin.
Depuis la présidentielle de 2024, parlez-vous de recul ?
Oui, il y a un recul pour le pays : recul sur les promesses non tenues, recul de la démocratie, recul socio-économique, et la liste est longue. Mon parti Pass-Pass poursuit sa stratégie d’éveil des consciences. Nous n’avons soutenu aucun des candidats validés, car notre conviction était d’aller jusqu’au bout. Ce recalage nous a permis de revenir à la base, de parfaire notre communication et de préparer une meilleure offre politique pour l’avenir.
Comment appréciez-vous la gestion du duo Sonko-Diomaye ?
Comme la majorité des Sénégalais, je constate un échec flagrant. La politique menée est à l’opposé des promesses brandies durant leurs années de lutte. Le pouvoir change parfois les hommes, et ils en sont la parfaite illustration.
Pourquoi, selon vous, l’économie stagne-t-elle ?
Parce que nous vivons une politique sans vision ni cap, faite de slogans et de populisme. Les rapports d’exécution budgétaire montrent une situation alarmante : plus de 1 500 milliards de dettes supplémentaires en 2024 pour des investissements directs quasiment inexistants. Ce régime fabrique de nouveaux riches parmi ses fidèles au détriment de la population et de la jeunesse. Résultat : plus de candidats au Barca ou Barsakh, plus de licenciements, zéro réalisation. Le récent remaniement n’a fait que confirmer ce constat : au lieu d’un gouvernement de combat socio-économique, nous avons eu droit à un gouvernement de combat politique.
Votre parti s’est toujours illustré dans le social… ?
Absolument, c’est dans notre ADN. Avec mes collaborateurs, nous menons régulièrement des actions sociales : dons de médicaments dans des structures sanitaires, accompagnement de malades atteints de diabète, de cancer ou en pédiatrie, journées de consultations gratuites et de dépistage. Ces actions se font sans aucune considération politique, uniquement pour soulager les populations.
Croyez-vous au miracle économique promis par les nouvelles autorités ?
Non. Déjà, parler de miracle prouve que la situation les dépasse. Seul Dieu peut tout, mais Il ne fera pas tout à notre place. Le projet de société du duo repose sur le mensonge, devenu presque un jeu pour la jeunesse. Le « rêve sénégalais » est pourtant possible, mais avec de la volonté et du courage politique, pas du populisme. Le Sénégal a les ressources humaines et naturelles nécessaires.
Vous considérez-vous comme un jeune leader politique ?
Non, mes premiers pas en politique remontent à la première alternance. Je ne suis donc pas un novice. Je me réjouis toutefois de voir de nouveaux visages, car la politique doit aussi être une affaire de générations. Mon modèle repose sur la refondation du pacte social, la justice économique et la souveraineté nationale.
Pensez-vous qu’il y a un recul démocratique avec ce régime ?
Parler de recul est faible. Nous tendons vers une pensée unique, avec un Parti-État. Le Sénégal, jadis modèle de démocratie, est aujourd’hui la risée de l’Afrique. La nomination d’une personnalité controversée à la tête de la justice en est une preuve supplémentaire.
Comment préparez-vous les prochaines locales ?
Nous travaillons à la base et dans le cadre d’alliances. Notre ambition est de conquérir un maximum de communes. Contrairement à ce qu’on dit, un maire peut travailler même s’il n’appartient pas à la mouvance présidentielle. Nous avons la stratégie et les outils pour rendre nos futurs maires autonomes et capables de répondre aux attentes des populations.
Votre appréciation du dernier remaniement gouvernemental ?
Encore une déception ! Au moment où le pouvoir demande des sacrifices aux Sénégalais, il alourdit la taille du gouvernement. Rien n’a changé. Ce remaniement n’est qu’un partage de postes, sans aucune considération pour les aspirations du peuple.
Un dernier mot ?
J’appelle mes compatriotes à garder espoir. Le Sénégal dispose de toutes les ressources pour se relever. Avec rigueur, transparence, innovation et mobilisation collective, nous pouvons bâtir une république souveraine, juste et prospère.
Par la Rédaction