CLIMAT ET OZONE : 54 pays africains unis à Dakar pour accélérer la transition écologique

La Réunion conjointe du réseau des responsables nationaux de l’ozone des pays d’Afrique anglophone et francophone s’est ouverte ce lundi 22 septembre à Dakar. Il s’agit d’un rendez-vous stratégique organisé par le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Du 22 au 26 septembre, 54 responsables nationaux de l’ozone, ainsi que les principaux partenaires techniques et financiers, se penchent sur les enjeux liés à la protection de la couche d’ozone et à la mise en œuvre de solutions climatiques innovantes.

Cette rencontre fait partie des activités phares du programme OzoneAction (CAP) de la Division juridique du PNUE, soutenu par le Fonds multilatéral pour l’application du Protocole de Montréal. Elle intervient à un moment charnière, alors que les pays dits « article 5 » progressent vers l’élimination totale des hydrochlorofluorocarbures (HCFC) d’ici 2030 et intensifient leurs efforts pour appliquer l’Amendement de Kigali, qui vise la réduction des hydrofluorocarbures (HFC), puissants gaz à effet de serre.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, le Secrétaire général du ministère, Monsieur Fodé Fall a salué la présence des délégations venues des pays africains « frères », soulignant que cette rencontre « illustre la volonté commune des pays africains et de leurs partenaires de renforcer la coopération pour protéger la couche d’ozone, ce bouclier vital qui protège la vie sur Terre ».

Il a rappelé les résultats remarquables obtenus grâce au Protocole de Montréal, adopté en 1987, qui a permis l’élimination progressive des substances appauvrissant la couche d’ozone, telles que les CFC. Selon les Nations Unies, la couche d’ozone pourrait retrouver son état d’avant 1980 d’ici le milieu du siècle.

« Ce succès est la preuve éclatante que lorsque science, politique et solidarité internationale s’unissent, aucun défi n’est insurmontable », a-t-il déclaré.

Le Sénégal, a-t-il ajouté, a toujours honoré ses obligations internationales, éliminant les CFC dès 2010, instaurant un système national de quotas et de licences, formant des centaines de techniciens et d’ingénieurs du froid et de la climatisation dont de nombreuses femmes et menant des campagnes de sensibilisation sur les technologies respectueuses de l’environnement.

Pour M. Baba Dramé, Directeur de la Réglementation environnementale et du Contrôle, et coordonnateur national du programme ozone, cette réunion est avant tout « un espace d’évaluation et de partage d’expériences ». « Tous les pays ne sont pas au même niveau en matière de mise en œuvre des programmes ozone. Cette rencontre permet de renforcer la coopération, d’harmoniser les pratiques et de soutenir les efforts de transition vers des fluides frigorigènes à faible impact sur l’ozone et sur le climat », a déclaré Monsieur Dramé.

Il a également souligné l’importance de la formation des techniciens, des douaniers et des acteurs de l’industrie du froid, afin d’assurer une meilleure gestion des substances et d’éviter l’utilisation de produits non conformes ou dangereux, comme l’ammoniac ou certains hydrocarbures inflammables.

Un atelier régional de formation des femmes techniciennes du froid et de la climatisation d’Afrique francophone a été organisé en amont de la réunion. Cette initiative illustre l’engagement du programme à promouvoir l’égalité de genre et à valoriser le rôle des femmes dans le secteur.

« Les femmes et les jeunes sont les moteurs de la transition écologique. Notre responsabilité est de les accompagner pour qu’ils deviennent les véritables artisans d’une Afrique résiliente et innovante », a insisté le Secrétaire général.

Tout au long de cette semaine, les participants aborderont les défis communs : demande croissante en climatisation, prolifération d’équipements de seconde main énergivores, lutte contre les trafics illicites de substances interdites. L’objectif est de définir une feuille de route africaine ambitieuse pour la mise en œuvre du Protocole de Montréal et de l’Amendement de Kigali.

Pour le Sénégal, qui s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, cette rencontre marque une étape clé pour consolider son rôle de leader régional dans la protection de l’environnement et la transition vers une économie verte.

« La protection de la couche d’ozone est plus qu’une obligation environnementale : c’est une opportunité pour l’Afrique de créer des emplois verts, de renforcer sa souveraineté énergétique et d’innover pour les générations futures », a conclu Monsieur Fall.