A Monsieur le président de la République du Senegal Bassirou Diomaye Faye
Il est des silences qui blessent, et des retards qui tuent.
Aujourd’hui, ce n’est pas une simple question comptable ou administrative que nous soulevons. C’est une question de justice territoriale, de dignité institutionnelle et de crédibilité de la décentralisation.
Le Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) n’est pas un cadeau. Il est le fruit d’un engagement mutuel, d’un contrat de confiance entre l’État et les collectivités locales. En promettant un appui financier pour renforcer la gouvernance locale, améliorer les infrastructures et dynamiser le développement, l’État a créé un espoir — celui d’un Sénégal équilibré, où chaque commune serait un pôle de progrès.
Mais que voyons-nous aujourd’hui ?
Des fonds non versés, des collectivités asphyxiées, des projets à l’arrêt, des salaires en souffrance, et des populations frustrées.
Quand l’État ne respecte pas ses engagements, il brise la chaîne de confiance, il paralyse la dynamique locale, il étouffe l’initiative territoriale.
Les maires, les conseillers municipaux, les agents techniques, tous se battent chaque jour pour faire vivre leurs collectivités avec des moyens dérisoires. Comment parler de développement local quand les ressources promises ne sont pas libérées ? Comment exiger de la performance, de la reddition de comptes et de la transparence, quand les outils financiers censés accompagner ces exigences ne suivent pas ?
Ce manquement n’est pas anodin :
Il compromet les services essentiels (assainissement, éclairage, santé, éducation de base).
Il fragilise la planification locale et décrédibilise les collectivités devant leurs citoyens.
Il met à mal la philosophie même de la décentralisation, qui repose sur la subsidiarité et la confiance dans les acteurs locaux.
L’État doit comprendre qu’en retenant ces fonds, il ne punit pas les maires : il punit le citoyen, il pénalise la communauté, il ralentit la marche du pays vers l’émergence.
Nous plaidons donc pour une libération immédiate et complète des fonds PACASEN, pour que nos communes respirent, que nos projets reprennent vie, et que la décentralisation retrouve son sens.
Parce que le développement local n’attend pas, et parce que les promesses financières de l’État ne doivent pas être des illusions budgétaires.
Rendre aux collectivités ce qui leur est dû, c’est restaurer la confiance, l’équité et la dignité de la République dans toutes ses composantes.
Mamadou Fall, dit Pape Mama,
Conseiller municipal à la Commune de Wakhinane Nimzatt (Département de Guédiawaye),
Président de la Commission Environnement, Cadre de vie, Assainissement, Gestion des inondations, Éclairage public, Sécurité et Organisation de l’espace communal.
Ousmane SONKO Agence De Developpement Municipal Association des Maires du Sénégal