SALON DE L’INDUSTRIE 2025 : Louis Lamotte plaide pour une industrie nationale forte et solidaire

La huitième édition du Salon de l’Industrie a ouvert ses portes ce jeudi à Dakar, réunissant entrepreneurs, investisseurs et représentants de l’État autour d’un même objectif : bâtir un Sénégal industriel, autosuffisant et créateur d’emplois.
Parmi les intervenants de marque, M. Louis Lamotte, Délégué général vallagri et président du Pôle Nord du Conseil National du Patronat (CNP), a livré un message fort en faveur d’une cohésion accrue entre acteurs économiques et d’un sursaut patriotique en matière de production locale.

Homme d’affaires avant tout, M. Lamotte a rappelé son long parcours au service du secteur privé. « J’ai passé vingt-cinq ans dans la compagnie de sécurité sénégalaise avant de rejoindre vallagri, un groupement qui réunit onze des plus grandes agro-industries de la vallée du sud du Sénégal », a-t-il expliqué.
Pour lui, l’industrie nationale est la clé du développement durable du pays : « Nous avons des terres, du soleil, de l’eau… Rien ne justifie que le Sénégal ne soit pas encore autosuffisant. »

Le Salon de l’Industrie, désormais à sa huitième édition, s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les entrepreneurs sénégalais et étrangers désireux d’investir dans le pays.
Selon M. Lamotte, l’événement s’inscrit pleinement dans la dynamique impulsée par les nouvelles autorités : « Tous les programmes politiques convergent vers l’autosuffisance alimentaire et la création d’emplois. En tant qu’industriels, nous devons être entendus et soutenus, car nous faisons partie de la solution. »

Le président du Pôle Nord du CNP a également insisté sur la nécessité d’une meilleure coopération entre producteurs, commerçants et investisseurs sénégalais.
« Quand un industriel se lance dans la production, il n’est pas logique qu’un commerçant importe le même produit pour le concurrencer », a-t-il déploré.
Au contraire, souligne-t-il, les acteurs économiques doivent « travailler ensemble pour écouler la production locale, puis conquérir les marchés extérieurs ».

M. Lamotte regrette que trop peu d’entrepreneurs sénégalais exportent leurs produits malgré les opportunités offertes par la CEDEAO et l’UEMOA : « Nos hommes d’affaires sont encore trop introvertis. Pendant que les investisseurs ivoiriens ou canadiens viennent vendre chez nous, rares sont les Sénégalais qui exportent leurs surplus vers la Sierra Leone ou la Côte d’Ivoire. Il faut changer cette mentalité. »

Optimiste, M. Lamotte salue la nouvelle orientation de la politique d’investissement du pays, qu’il juge « plus progressiste et plus ouverte à l’investissement direct étranger ».
Il appelle toutefois à conjuguer les efforts internes et externes pour atteindre l’objectif commun : faire du Sénégal un pays industrialisé, compétitif et énergique.
« L’heure n’est plus à la concurrence stérile ni aux querelles d’intérêts. Nous devons bâtir ensemble un tissu industriel fort, capable de créer de la richesse et de l’emploi pour notre jeunesse », a-t-il conclu.

PMF