ABUS DE CONFIANCE : Le fils de l’ex-procureur Abdou Karim Diop placé sous mandat de dépôt

L’affaire fait grand bruit dans les milieux judiciaires et éducatifs. Ibrahima Diop, 33 ans, fils de l’ancien procureur de la République de Dakar Abdou Karim Diop, a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi, à l’issue de son défèrement au parquet du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Il est poursuivi pour abus de confiance, au terme d’une enquête menée par la Sûreté urbaine (SU) du commissariat central de Guédiawaye.

Deux plaintes à l’origine de l’affaire

Tout commence le 18 septembre 2025, lorsque deux plaintes distinctes sont déposées contre Ibrahima Diop. Les dénonciations sont formulées par Rokhaya Niang, une Sénégalaise résidant en France, et Pape Gaoussou Balayeré, responsable de l’école Ecomixte.

Madame Niang affirme avoir inscrit son fils de 15 ans au centre éducatif Académie Téranga, dirigé par le mis en cause, situé aux Parcelles Assainies. Malgré le paiement régulier de mensualités de 150 000 FCFA, l’élève aurait été à plusieurs reprises renvoyé de l’établissement scolaire partenaire pour défaut de paiement. Les soupçons de détournement de fonds ont vite émergé.

Plus grave encore, la plaignante déclare avoir confié le passeport français de son fils à Ibrahima Diop dans le cadre d’un projet de voyage en Espagne. Non seulement le voyage n’a jamais eu lieu, mais le mis en cause aurait refusé de restituer le document avant de prétendre l’avoir “perdu”, sans la moindre preuve ni déclaration officielle de perte. Faute de solution, Mme Niang a été contrainte de se rendre au Sénégal pour lancer une nouvelle procédure d’obtention du passeport.

Une dette contractée auprès d’un établissement scolaire

Dans la seconde plainte, Pape Gaoussou Balayeré, directeur de l’école Ecomixte, révèle que l’Académie Téranga avait signé un contrat pour la prise en charge scolaire de 56 élèves, du CE2 à la classe de Première. Selon les termes de l’accord, Ibrahima Diop devait payer 600 000 FCFA par mois.

Mais selon le responsable scolaire, les paiements se sont révélés irréguliers et insuffisants, entraînant une ardoise de 1 143 000 FCFA. Il soutient également que le mis en cause aurait versé partiellement une somme uniquement pour récupérer les bulletins des élèves, avant de cesser tout contact et d’ignorer ses appels.

Auditionné puis déféré

D’abord réticent à répondre aux convocations de la police, Ibrahima Diop finit par se présenter devant les enquêteurs de la SU dirigée par le lieutenant Sy Ba, sous la supervision du commissaire principal Daouda Bodian. Au cours de son interrogatoire, le mis en cause reconnaît avoir reçu le passeport du jeune élève mais maintient l’avoir perdu, sans en expliquer les circonstances.

Concernant la dette envers l’école Ecomixte, il conteste le montant avancé et déclare vouloir “vérifier les documents”, mais n’a présenté aucune preuve malgré ses promesses.

Au terme de l’enquête, la Sûreté urbaine a transmis le dossier au procureur, qui a ordonné son déferrement. Ce vendredi, le juge a décidé de le placer sous mandat de dépôt.

L’affaire suit désormais son cours judiciaire. Des sources proches du dossier indiquent que d’autres parents d’élèves envisageraient de se constituer partie civile.