Les urnes ont finalement livré leur secret… de Polichinelle au Cameroun. A l’issue de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, l’inamovible Paul Biya est donné vainqueur et, sans surprise aucune. Il est crédité d’un score pas, cette fois-ci, fleuve mais, modeste (53,66%) contre son suivant immédiat Issa Tchiroma
(35,19%). Est-ce une manière de donner un semblant de vernis de légitimité à un pouvoir aux abois par ce que décrié sur tous les toits de l’Afrique et du monde entier par son usure ? Tout le confirme.
Prenons le parti d’en chagriner !!!
A 92 ans, Paul Biya s’arc-boute toujours au pouvoir et, avec un devouement d’apôtre, ne laissant la chance à aucune possible respiration démocratique pour ce pays d’Afrique centrale de plus de 29 millions d’habitants. Notre Papy détient le triste record d’-« ancienneté » aux affaires
(plus de 43 ans !) et son nouveau mandat s’achevera en 2032 à l’orée de son centenaire
(il aura 99 ans). Puisse Dieu lui garder en vie. Ainsi, il vient d’être
« réelu » pour une huitième (8ème) fois. Il devient sans doute le doyen des chefs d’État du continent et, même, du monde. Son double, on n’en trouve nulle part !
Les citoyens camerounais ne cessent alors de voir l’espoir d’être bercés par le vent d’un renouveau s’éloigner de plus en plus;
l’alternance démocratique prend alors l’allure
d’un supplice de Tantale. Oui ! Sous nos tropiques, certains dirigeants,une fois au pouvoir, pensent être les suivants de Dieu sur terre et se comportent comme de véritables potentats de la trempe d’un Bokassa, d’un Mobutu ou d’un Amin Dada. C’est pourquoi la chirurgie la plus difficile chez eux, c’est de vouloir les séparer de leur fauteuil présidentiel si douilleteux.
A l’heure où des alternances démocratiques s’opèrent dans bien de pays africains, le Cameroun reste toujours suspendu aux basques d’un homme et de son clan et ce, sous l’oeil complice des grandes puissances qui y trouvent, de toute evidence, leur compte. Ce peuple lacéré de désespoir, ricane, leur Paul, lui, s’accroche à sa cane avec plaisir. Sacrée Afrique ! Tristes tropiques !
Ibrahima NGOM Damel.