Le coup d’envoi de la 3e édition du Festival international de Hip Hop et des Cultures urbaines, CULTUR’ELLE, a été donné ce mercredi à Karibu (Guédiawaye). Organisé par Racine PROD, l’événement, placé sous le thème « Femmes, engagement citoyen et paix sociale », se tiendra jusqu’au 1er novembre 2025.
Pendant quatre jours, Dakar vibrera au rythme des ateliers, résidences artistiques, masterclass, panels et concerts, avec une ambition claire : mettre en lumière le rôle des femmes dans la création artistique, la cohésion sociale et la construction de la paix.
Pour la rappeuse Fatym, fondatrice de Racine PROD et initiatrice du festival, CULTUR’ELLE est bien plus qu’un rendez-vous artistique : « C’est un espace de vie, de transmission et d’émancipation », affirme-t-elle.
Le festival veut offrir aux artistes féminines un cadre d’expression et de professionnalisation, à travers des formations en self-management, performance scénique et gestion de carrière, mais aussi en facilitant les échanges régionaux entre créatrices d’Afrique de l’Ouest : du Sénégal, de la Gambie, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, etc.
Les années 1970 et 1980 ont marqué le début d’une prise de conscience pour les femmes africaines dans la sphère publique. Pourtant, rappelle la promotrice, des barrières culturelles et structurelles continuent de freiner leur épanouissement.
CULTUR’ELLE se veut ainsi une réponse concrète à ces obstacles, en créant une plateforme de renforcement de compétences, d’accompagnement et de diffusion d’œuvres féminines à travers le continent.
À travers ses éditions, le festival rend hommage aux figures emblématiques qui ont façonné l’histoire du Sénégal — d’Aline Sitoé Diatta à Mariama Bâ en passant par Aminata Sow Fall, tout en ouvrant la voie à une nouvelle génération de voix féminines africaines.
Rappeuse, productrice et militante culturelle, Fatym n’est pas étrangère aux défis du milieu artistique. Depuis ses débuts dans le rap sénégalais, son parcours illustre la résilience et la passion des femmes.
Après plusieurs expériences internationales, de la Belgique aux Pays-Bas jusqu’en Chine, elle a choisi de revenir au pays pour « accompagner les jeunes femmes » et leur offrir les outils nécessaires pour s’imposer dans un milieu encore dominé par les hommes.
Soutenue par quelques partenaires institutionnels et culturels, dont l’Ambassade d’Espagne et le Secrétariat d’État à la Culture entre autres, cette 3e édition se veut un pont entre l’art, le civisme et le développement.
Le festival se clôturera par un grand concert rassemblant des artistes féminines d’horizons variés, symbole d’un dialogue entre générations et cultures, le 1er novembre à la MCU à Ouakam.
« CULTUR’ELLE n’est pas seulement un festival, c’est une famille, un souffle, une promesse de changement », conclut sa promotrice Fatym, la voix empreinte d’émotion.