Lors du Téra-meeting organisé ce week-end à l’esplanade du stade Léopold Sédar Senghor, le Premier ministre et leader de Pastef, Ousmane Sonko, a livré un discours offensif dans lequel il a répondu, sans le nommer, au ministre de l’Enseignement supérieur, Abdourahmane Diouf, et mis en garde contre ceux qu’il qualifie de “faux alliés” au sein de la majorité présidentielle.
« Ceux qui appellent aujourd’hui au pardon sont ceux qui nous combattaient hier. Ils tentent de convaincre le président Bassirou Diomaye Faye que je suis violent. Ils ne sont ni sincères ni loyaux. Un allié loyal ne cherche pas à me séparer de Diomaye », a lancé Sonko devant une foule acquise à sa cause. « Ceux-là ne sont pas méritants de postes chez nous. Ils seront écartés du gouvernement », a-t-il ajouté, dans une déclaration qui a ravivé les débats sur les équilibres internes de la coalition au pouvoir.
Ces propos interviennent après la sortie publique d’Abdourahmane Diouf, plaidant ces derniers jours pour un climat d’apaisement et de réconciliation sociale. Une démarche saluée par certains acteurs politiques et religieux, mais qui, au sein de la majorité, a provoqué des réactions contrastées. Certains cadres y ont vu une tentative de repositionnement politique à la veille du rassemblement de Pastef.
Dans la même intervention, Ousmane Sonko a évoqué une personnalité politique sans la citer, affirmant qu’elle aurait été épinglée par un rapport de contrôle pour des détournements présumés de 2 milliards de francs CFA. Une allusion qui a immédiatement rappelé les accusations déjà brandies par certains de ses proches à l’encontre d’Aminata Touré, lors de son passage à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). L’ancienne Première ministre avait pourtant « démenti catégoriquement » ces accusations, les qualifiant de « totalement infondées ». Pour mettre fin à la polémique, elle avait même proposé une audience publique de l’Inspection générale d’État (IGE) devant la presse nationale et internationale, proposition restée sans suite.
Cette nouvelle sortie du leader de Pastef intervient dans un moment où le gouvernement cherche à afficher unité et cohésion, notamment face aux défis économiques et sociaux évoqués ces dernières semaines. Les propos de Sonko pourraient ainsi relancer le débat sur la ligne politique dominante au sein de la majorité : ouverture et apaisement, ou fermeté et cohérence idéologique.