CRISE POPULAIRE AU SOMMET : « La maman » de Sonko écartée, « Mimi » de Diomaye accélérée

Le président de la République, Diomaye Faye, a livré une réponse indirecte mais ferme à son Premier ministre, qui l’avait placé entre le marteau et l’enclume lors de son Tera meeting samedi dernier. Une sortie qui surprend déjà dans les rangs du Pastef.

Alors que les membres du gouvernement, souvent prompts à réagir sur les réseaux sociaux, sont restés silencieux après la déclaration choc du chef de l’État, l’attente était grande. Ousmane Sonko, lors du Tera meeting, avait en effet exhorté le président à se séparer de certains de ses alliés, notamment Abdourahmane Diouf et Mimi Touré, accusés d’avoir été épinglés par des rapports.

Avec cette intervention, Sonko plaçait le président dans une situation délicate : suivre ces injonctions et apparaître comme un chef d’État faible, sous l’influence de son Premier ministre, ou s’affirmer et risquer d’être perçu comme trahissant ses soutiens politiques.

Le communiqué de Diomaye Faye, rendu public peu après, a clairement choisi la seconde option. Selon Mouhamed Diallo, journaliste et analyste politique à Seneweb, « le président transforme l’inconfort en occasion de montrer à Ousmane Sonko que c’est lui, et lui seul, qui dirige. C’est un moyen de rappeler au Premier ministre sa place ».

Pour l’analyste, ce communiqué contient également un message implicite : il réaffirme le soutien du chef de l’État à Abdourahmane Diouf. « En nommant Mimi Touré à la tête de la coalition ‘Diomaye président’, le président désavoue son Premier ministre et renouvelle indirectement sa confiance en Abdourahmane Diouf, qui devrait donc rester dans le gouvernement », explique Mouhamed Diallo.

Cette décision, qui sera largement commentée dans les jours à venir, relance le débat sur la solidité de la relation entre les deux principaux hommes du gouvernement et sur la hiérarchie réelle au sommet de l’État.