THIAROYE 44: justice pour tous, pas seulement pour hier.

La commémoration de Thiaroye 44 est un devoir de mémoire national. Elle rappelle un épisode douloureux de notre histoire, où des Sénégalais ont été victimes d’injustice, d’abandon et de violence. Mais ce devoir de mémoire ne peut être sélectif. On ne peut pas réclamer vérité et justice pour 1944, tout en reléguant au second plan les événements tragiques de 2021 qui ont coûté la vie à des jeunes Sénégalais, ici et maintenant.
Je ne peux pas accepter que l’on brandisse la mémoire des tirailleurs pour montrer une posture morale, alors que la justice pour nos compatriotes tombés en 2021 reste en suspens. Les familles attendent toujours la vérité. Le peuple attend toujours la justice. Et la jeunesse n’a pas oublié.
La cohérence aurait voulu que la même énergie, la même détermination et la même exigence de justice soient appliquées aux drames récents qui ont marqué notre pays. On ne peut pas parler de rupture si l’on reproduit les mêmes silences, les mêmes lenteurs et les mêmes priorités inversées.
Commémorer Thiaroye, oui. Mais tourner le dos à 2021, non. L’histoire se respecte, mais la mémoire des victimes récentes se respecte aussi. La justice n’a pas de date. Elle n’a pas de hiérarchie. Elle doit être totale ou elle n’est pas.

Ibrahima Séne MONCAP PASTEF.