Une vive préoccupation gagne les milieux syndicaux et politiques à propos de la situation au sein de la SEN’EAU. Depuis près de dix jours, un conflit social latent a pris une tournure dramatique avec la grève de la faim entamée par Oumar Bâ, secrétaire général du Syndicat Autonome des Travailleurs des Eaux du Sénégal (SATECS).
Selon la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS), qui regroupe plusieurs formations politiques de gauche, le leader syndical observe une diète totale depuis le 28 novembre 2025. Son état de santé s’est rapidement dégradé, au point de nécessiter une hospitalisation « particulièrement préoccupante », rapporte l’organisation dans un communiqué publié ce dimanche.
Pour la CDS, l’engagement d’un syndicaliste expérimenté dans une action aussi extrême doit servir d’alerte. Le mouvement attire l’attention des autorités sur « la gestion de la SEN’EAU » et réclame une vigilance accrue quant à « la préservation de l’intérêt national », notamment en ce qui concerne la répartition du capital de l’entreprise, qu’elle ne souhaite pas voir majoritairement contrôlé par des intérêts étrangers.
La confédération appelle le gouvernement à intervenir rapidement afin de désamorcer la crise. Elle exprime par ailleurs son soutien au combat mené par Oumar Bâ, qu’elle décrit comme une lutte contre « l’arbitraire et les trafics de tout genre ». Toutefois, tout en saluant sa détermination, la CDS lui demande instamment de mettre fin à sa grève de la faim, rappelant que « le Sénégal a besoin de tous ses fils vivants et en bonne santé ».
Cette affaire survient alors que le pays traverse une période de fortes tensions, notamment dans les universités, où des violences récentes ont suscité une large indignation. Pour la CDS, les difficultés à la SEN’EAU s’inscrivent dans un tableau plus large de « déni de justice » et de dysfonctionnements institutionnels qui, selon elle, fragilisent davantage le climat social.
La Conférence des Leaders de la CDS conclut en appelant à une résolution rapide du dossier afin d’éviter une aggravation de la crise.