La crise qui secoue l’enseignement supérieur sénégalais, notamment les retards de paiement des bourses, continue de paralyser plusieurs universités. Depuis plusieurs jours, des milliers d’étudiants observent une grève, réclamant des solutions rapides pour pallier leurs difficultés financières.
L’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Abdourahmane Diouf, s’est exprimé lors de la cérémonie de passation de services avec son successeur, Daouda Ngom, en poste depuis le 15 septembre 2025. Devant les cadres présents, il a rappelé les défis liés à la gestion du secteur universitaire, en particulier lors de la rentrée, « véritable test de feu pour tout ministre en poste ».
« Chaque ministre a son événement. Pour le MESRI, c’est la rentrée ! Vous savez, on paie chaque mois près de 6 milliards F CFA de bourses. Mais à la rentrée, cela peut grimper jusqu’à 13 milliards. C’est à ce moment-là que mon nom, Abdourahmane, est devenu Dramane », a-t-il lancé avec humour, provoquant les rires de l’assistance.
S’adressant à son successeur, il a ajouté sur un ton moqueur : « Daouda, fais attention. Toi aussi tu risques de devenir Dève ou Davido. Mais je sais que tu es ingénieur, tu vas bien gérer cette situation. »
Si l’humour a détendu l’assistance, la gravité de la situation demeure. La question se pose : Abdourahmane Diouf, qui a supervisé la rentrée universitaire et le versement des bourses, est-il irréprochable face à une crise qui affecte profondément le quotidien des étudiants ? De nombreux observateurs estiment que la transparence et la réactivité du ministère, désormais sous la direction de Daouda Ngom, sont essentielles pour éviter l’escalade des tensions sur les campus.