Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadj Abdourahmane Diouf, a présidé ce lundi l’atelier national d’évaluation de la mise en œuvre de la loi n°2020-04 relative aux produits plastiques, couplé au lancement officiel du projet « Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal ».
Cette rencontre de haut niveau intervient dans un contexte jugé alarmant. Chaque année, le Sénégal produit plus de 350 000 tonnes de déchets plastiques, dont à peine 15 % sont recyclés. Une situation qui pèse lourdement sur les écosystèmes, la santé publique et des secteurs vitaux de l’économie nationale tels que la pêche, l’agriculture, le tourisme ou encore l’élevage.
Le ministre a réaffirmé l’engagement ferme des autorités sénégalaises, sous l’impulsion du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et du Premier ministre Ousmane Sonko, à combattre le « péril plastique ». « Chaque kilo de plastique nous coûte aujourd’hui dix fois plus cher à gérer qu’à fabriquer », a rappelé Dr Diouf, citant un rapport du WWF qui met en lumière l’ampleur des coûts économiques, sociaux et environnementaux du plastique tout au long de son cycle de vie.
Plages envahies par les déchets, canalisations obstruées accentuant les risques d’inondation, microplastiques infiltrant les chaînes alimentaires, mortalité du bétail liée à l’ingestion de sachets plastiques : le tableau dressé par le ministre est sans concession.
Adoptée en 2020 après les limites constatées de la loi de 2015, la loi n°2020-04 vise à réduire drastiquement les plastiques à usage unique, à encadrer l’importation et la distribution des produits plastiques, et à promouvoir une économie circulaire fondée sur la valorisation des déchets.
Cependant, cinq ans après son entrée en vigueur, son application reste perfectible. « Les contrôles demeurent insuffisants, les alternatives tardent à se généraliser et des plastiques non conformes circulent encore sur nos marchés », a reconnu le ministre, appelant à un sursaut collectif.
L’atelier national se veut ainsi un cadre de dialogue inclusif destiné à identifier les blocages, formuler des recommandations opérationnelles et co-construire un plan d’action national réaliste et efficace.
Une occasion de procéder au lancement officiel du projet « Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal » qui marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale. Financé par le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le projet repose sur un partenariat étroit entre l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et les acteurs du recyclage.
Le ministre a salué l’engagement de partenaires nationaux tels que la SONAGED, BA EAU BAB et TAARAL, dont le cofinancement a été déterminant pour l’approbation du projet par le FEM.
Au-delà du cadre national, Dr Abdourahmane Diouf a rappelé que la pollution plastique constitue une crise mondiale. Chaque année, près de 12 millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans les océans, un chiffre qui pourrait tripler d’ici 2040 sans action décisive.
Dans cette dynamique, le Sénégal renforce son positionnement international. Trois jours auparavant, en marge de la 7ᵉ session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement à Nairobi, le ministre a signé un protocole d’accord avec le Forum économique mondial, officialisant l’adhésion du pays à l’initiative Global Plastic Action Partnership (GPAP).
Pour le gouvernement, l’ambition est de passer d’une logique de réaction à une transformation structurelle, capable de faire de la lutte contre la pollution plastique un levier de développement durable, de création d’emplois et d’innovation.
« Le combat contre la pollution plastique est un combat pour notre santé, notre économie et notre avenir », a conclu Dr El Hadj Abdourahmane Diouf, invitant l’ensemble des acteurs à des échanges francs, constructifs et résolument orientés vers l’action.
Les travaux de l’atelier, prévus sur deux jours, devraient déboucher sur des recommandations fortes pour rendre pleinement opérationnel le cadre juridique sénégalais et accélérer la transition vers une gestion durable du plastique.
PMF