Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a été auditionné au fond ce lundi 15 décembre par le juge du premier cabinet d’instruction du Pôle judiciaire financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur des flux financiers jugés suspects. L’audition, qui a duré près de quatre heures, marque une étape importante de cette procédure judiciaire très suivie par l’opinion publique.
À l’issue de l’audition, Me Baboucar Cissé, avocat de Farba Ngom, a indiqué que son client avait répondu à l’ensemble des questions posées par le magistrat instructeur. « Farba Ngom a répondu à toutes les questions. Pour la défense, le dossier à charge est vide », a-t-il déclaré, affichant un optimisme certain quant à la suite de la procédure.
Les avocats du député-maire se disent notamment confiants quant à l’issue des deux demandes de liberté provisoire introduites pour leur client : l’une devant la chambre d’accusation du PJF, l’autre devant la Cour suprême.
Arrivé au siège du PJF dans des conditions exceptionnelles, Farba Ngom, visiblement affaibli, a été transporté à bord d’une ambulance, sous forte escorte sécuritaire. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour du bâtiment judiciaire afin d’éviter tout attroupement. La circulation a été fortement perturbée dans le secteur de la Cité Keur Gorgui, avec des accès strictement filtrés.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 février dernier, la procédure vise l’élu dans un dossier financier sensible portant sur des flux évalués à près de 125 milliards de francs CFA, révélés par un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Farba Ngom est notamment poursuivi pour des faits présumés de blanchiment de capitaux.
Depuis le début de l’enquête, le député-maire rejette catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre lui. À l’issue de cette audition, il a été reconduit au pavillon spécial de l’hôpital principal de Dakar, où il est actuellement détenu.
Cette audition au fond est perçue comme une phase décisive de la procédure, dans l’attente des prochaines décisions judiciaires, notamment sur les demandes de liberté provisoire introduites par la défense.