GESTION DES DECHETS PLASTIQUES : Dr Abdourahmane Diouf annonce une révision de la loi pour une action plus efficace

Le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadj Abdourahmane Diouf, a clôturé ce 16 décembre 2025 l’atelier national d’évaluation de la mise en œuvre de la loi n°2020-04 du 08 janvier 2020 relative aux produits plastiques, couplé au lancement officiel du projet « Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal ».

Cette rencontre s’est tenue dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par une production annuelle de plus de 350 000 tonnes de déchets plastiques, dont seulement 15 % sont recyclés, avec des impacts majeurs sur l’environnement, la santé publique et plusieurs secteurs stratégiques de l’économie nationale.

Dans son discours de clôture, le ministre a indiqué que la loi actuelle, en l’état, ne permet pas d’atteindre les résultats escomptés.
« Nous ne pouvons pas avoir les résultats que nous voulons sur le péril plastique si nous gardons la loi en l’état », a-t-il affirmé, annonçant clairement la nécessité d’une révision du cadre juridique.

Selon Dr Abdourahmane Diouf, les difficultés rencontrées tiennent notamment à des problèmes de compréhension, d’interprétation et de champ d’application de la loi, mais aussi à des défis logistiques, économiques et sociaux. Il a insisté sur le fait que le droit reste une science sociale, qui ne peut être efficace sans une prise en compte des réalités culturelles et communautaires.

Parmi les recommandations issues des travaux figurent l’extension et la clarification du champ d’application de la loi, le renforcement du contrôle des produits plastiques importés, ainsi que l’instauration de sanctions réellement dissuasives, inspirées des bonnes pratiques internationales.

Le ministre a également souligné l’importance d’une gouvernance multisectorielle, appelant à la mise en place d’un comité interministériel piloté par son département, afin d’assurer une meilleure coordination entre les ministères concernés.

Toutefois, Dr Abdourahmane Diouf a rappelé que la loi, à elle seule, ne saurait constituer une solution suffisante. Il a mis en avant la nécessité de mesures d’accompagnement, notamment le développement du recyclage, la création d’unités industrielles, la valorisation des déchets et la création d’emplois verts, axes majeurs du projet « Solutions durables à la pollution plastique au Sénégal », financé par le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le PNUD, en partenariat avec des acteurs nationaux.

Au-delà des textes juridiques, le ministre a posé le débat sur le terrain des comportements citoyens. Comparant la situation du Sénégal à celle du Rwanda, il a souligné que la différence réside moins dans l’existence des lois que dans leur appropriation par les populations.

« Le plastique est une question de civilisation, de société et de conduite », a-t-il martelé, appelant à une responsabilité collective dans la préservation du bien commun.

En clôturant les travaux, Dr El Hadj Abdourahmane Diouf a exprimé l’espoir que cette évaluation marque un véritable tournant, afin d’éviter la répétition cyclique de lois peu appliquées et d’ateliers sans impact durable.

PMF