ECHEC DE LA CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION DE L’ARACHIDE : Un secteur en ruine…

L’efficacité du ministère de l’Agriculture, dirigé par Mabouba Diagne, est de plus en plus remise en question. La récente descente du Premier ministre Ousmane Sonko à Kaolack, pour superviser la campagne de commercialisation de l’arachide lancée il y a quelques semaines, a ravivé les critiques sur l’inefficacité du ministère de tutelle.

Cette présence du chef du gouvernement sur le terrain est perçue par de nombreux observateurs comme un aveu implicite des dysfonctionnements persistants dans la conduite de cette campagne stratégique pour l’économie rurale. Depuis son démarrage, la commercialisation de l’arachide est marquée par une vague de grognes chez les agriculteurs, qui dénoncent l’attitude et l’inaction des autorités agricoles.

La contestation a atteint un nouveau palier le 31 décembre dernier, avec un concert de casseroles initié par le mouvement Aar Sunu Moomeel, symbole de la colère et de l’amertume des producteurs face à ce qu’ils qualifient de « beaucoup de discours sans actes concrets ». Selon eux, les communiqués officiels diffusés par les autorités sont en total décalage avec la réalité vécue sur le terrain.

Parmi les principales difficultés pointées du doigt figure l’incapacité de la SONACOS à acheter correctement la production des agriculteurs. Plusieurs chargements d’arachide restent ainsi bloqués, en attente de paiement, plongeant de nombreux producteurs dans une situation financière critique. À cela s’ajoute la fermeture des frontières, qui empêche l’intervention des opérateurs étrangers, traditionnellement actifs dans l’écoulement de la récolte.

Cette accumulation de contraintes complique davantage la commercialisation de l’arachide, au point que vendre sa production devient aujourd’hui un véritable parcours du combattant. Après les difficultés rencontrées en amont avec l’accès aux semences et aux intrants agricoles, les producteurs peinent toujours à entrevoir une solution durable.

Dans ce contexte, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, est de plus en plus perçu comme un point de fragilité au sein du gouvernement. Certains observateurs n’hésitent plus à se demander s’il ne constitue pas un véritable fardeau pour le tandem Diomaye–Sonko, à l’heure où le monde rural attend des réponses urgentes, concrètes et efficaces.

A. BA