Sécurité sanitaire mondiale: Le Sénégal lance l’élaboration de son nouveau plan stratégique « One Health »

La coordonnatrice du programme national multisectoriel de sécurité sanitaire mondiale « One Health », Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye, a procédé au lancement du processus d’élaboration du nouveau plan stratégique du programme, logé à la Primature. Cette étape marque un tournant important dans la consolidation de l’approche intégrée de la santé au Sénégal, fondée sur l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale.

La cérémonie officielle s’est déroulée sous le leadership du ministre secrétaire général du gouvernement, qui assure la coordination du comité de pilotage. La rencontre a été présentée par le secrétaire général du gouvernement, Boubacar Camara. Prenant la parole, M. Camara a magnifié cette initiative qu’il considère comme stratégique pour le renforcement de la sécurité sanitaire nationale. Il a félicité l’ensemble de l’équipe du programme pour le travail accompli et les a exhortés à aller davantage vers les populations afin d’expliquer l’importance de ce projet structurant et de favoriser son appropriation par les communautés.

Pour la responsable du programme, ce portage institutionnel au plus haut niveau de l’État constitue un signal fort. La présence de représentants de la Présidence, de l’Assemblée nationale ainsi que de plusieurs départements ministériels témoigne, selon elle, de l’engagement politique élevé en faveur de la sécurité sanitaire.

L’activité s’est articulée autour de deux temps forts. D’une part, le lancement officiel du processus d’élaboration du plan stratégique. D’autre part, un atelier de production de cinq jours consacré au travail technique. Cette phase préparatoire, financée par la Fondation Mérieux, a permis de rassembler un large éventail d’acteurs afin de poser les bases du futur document stratégique.

La coordonnatrice insiste sur la forte représentativité multisectorielle enregistrée durant les travaux. Secteur public, secteur privé, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, universitaires, chercheurs et acteurs territoriaux ont pris part aux échanges. Une mobilisation jugée essentielle pour un programme qui couvre de nombreuses disciplines et dont l’efficacité repose sur la collaboration entre tous les secteurs concernés.

Au cours de l’atelier, les participants ont passé en revue une importante documentation relative au programme. L’objectif était d’en faire une analyse approfondie afin d’identifier les forces et les faiblesses existantes, de clarifier les rôles des différentes parties prenantes et de définir des perspectives claires. La démarche adoptée s’inscrit dans une logique de gestion axée sur les résultats, avec la volonté de fixer des indicateurs précis et des lignes d’action concrètes. Cette phase de production ouvrira la voie à la rédaction du plan stratégique proprement dit.

Le programme One Health compte dix-neuf lignes d’action couvrant notamment la prévention des zoonoses, la biosécurité, la gestion des urgences sanitaires et la lutte contre la résistance antimicrobienne. Ce dernier axe a d’ailleurs servi d’étude de cas lors des travaux. Considérée comme l’un des plus grands défis sanitaires mondiaux, la résistance antimicrobienne menace les progrès réalisés depuis des décennies dans la lutte contre les infections, aussi bien chez l’humain que chez l’animal.

Selon Dr Ndiaye, l’augmentation des résistances aux antimicrobiens représente déjà un fléau. Les causes sont multiples et concernent l’usage des médicaments, les pratiques vétérinaires, mais aussi les facteurs environnementaux. L’approche multisectorielle s’impose donc comme une évidence, puisque le phénomène touche simultanément les humains, les animaux et les écosystèmes.

En prenant la résistance antimicrobienne comme cas pratique, les experts ont pu analyser la gouvernance existante, les mécanismes de coordination, les indicateurs de performance et les résultats obtenus. Les enseignements tirés de cet exercice serviront de modèle pour les autres domaines d’intervention du programme. Pour la coordonnatrice, la dynamique enclenchée démontre que la sécurité sanitaire mondiale ne peut être efficacement abordée qu’à travers une approche intégrée et portée au plus haut niveau de décision. Avec l’appui de partenaires engagés et une mobilisation multisectorielle affirmée, le programme One Health entend ainsi renforcer durablement la résilience sanitaire du pays face aux menaces émergentes et futures.