‎4 AVRIL À THIÈS : Habib Vitin dénonce une « guerre d’égos » et met les maires face à leurs responsabilités



‎À un mois de la fête de l’indépendance, le climat politique local reste tendu à Thiès. Pour cause les rivalités entre maires. Le président du mouvement « Thiès d’Abord », Me Habib Vitin, est sorti de sa réserve dimanche pour dénoncer frontalement ce qu’il qualifie de « guerre d’egos » au sommet de l’exécutif municipal.


‎Face à la presse, le juriste n’a pas mâché ses mots. « Au moment où l’unité républicaine devrait être la règle, nous assistons à des postures individuelles et à une méfiance préoccupante entre acteurs institutionnels », a-t-il lancé, décrivant une ville fragmentée par des ambitions concurrentes.
‎Dans son viseur, le maire de la Ville, Babacar Diop. Me Vitin critique ouvertement son « audience en solo » à la Présidence de la République, estimant que cette démarche affaiblit la capacité de Thiès à parler d’une seule voix face à l’État. « On ne défend pas une capitale régionale par des initiatives isolées », martèle-t-il.
‎Les maires d’arrondissement ne sont pas épargnés. Le responsable politique évoque « un cavalier seul à Thiès-Ouest », « une posture effacée à Thiès-Nord » et « une communication de rupture à Thiès-Est ». Autant de signaux, selon lui, d’un pilotage municipal éclaté à la veille d’un rendez-vous national majeur.
‎Derrière la célébration du 4 avril se joue, à ses yeux, une question plus profonde : celle du leadership local. « Sommes-nous dans une dynamique d’unité ou dans une logique d’affrontement permanent ? », interroge-t-il, redoutant que ces dissensions ne fragilisent l’image de la région auprès des partenaires institutionnels.
‎Sur le terrain symbolique, Me Vitin avance une proposition qui ne manquera pas de susciter le débat : rebaptiser l’avenue Caen au nom de l’ancien maire Idrissa Seck. Un geste qu’il présente comme un acte de « dépassement politique » et de reconnaissance institutionnelle.
‎« On ne construit pas une ville en effaçant ses traces », soutient-il, dénonçant une gestion qu’il assimile à une politique de rupture systématique.
‎Mais au-delà des querelles locales, c’est aussi l’État que le président de « Thiès d’Abord » interpelle. Il appelle le gouvernement à aller au-delà du défilé et à s’attaquer aux urgences structurelles comme les routes dégradées, le plateau médical insuffisant à l’hôpital régional, le chômage des jeunes, etc. 
‎« Le 4 avril passera. Les problèmes, eux, resteront », avertit-il.
‎Dans une ville historiquement stratégique et politiquement sensible, cette sortie sonne comme un avertissement : sans unité municipale, Thiès risque de perdre en influence. Et à l’approche d’une fête censée symboliser la cohésion nationale, la fracture locale apparaît plus visible que jamais.
‎Anta Fofana Konaté (Correspondante)