Le Parc national du Niokolo-Koba, joyau écologique du Sénégal, a reçu ce lundi la visite officielle du Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf. Une tournée hautement stratégique qui consacre les avancées majeures enregistrées ces dernières années et esquisse les perspectives d’une gestion durable renforcée.
Créé en 1954 et s’étendant sur près de 913 000 hectares, le Parc national du Niokolo-Koba demeure la plus vaste aire protégée du pays. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981 et reconnu Réserve de biosphère, il constitue un bastion de la biodiversité ouest-africaine.
La visite du ministre intervient dans un contexte particulièrement symbolique marqué par le retrait du parc de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2024. Cette décision, prise lors de la 46e session du Comité du patrimoine mondial à New Delhi, marque l’aboutissement d’efforts soutenus de l’État du Sénégal et de ses partenaires. Lutte contre le braconnage, restauration des habitats naturels et renforcement de la gouvernance environnementale ont permis de redresser durablement la situation.
Dès son arrivée à Dar Salam, point d’entrée stratégique du parc, le ministre a été accueilli avec les honneurs, avant de recevoir une présentation détaillée des missions et des défis du Parc national du Niokolo-Koba.
La tournée s’est ensuite poursuivie par la visite d’initiatives communautaires emblématiques, à l’image du GIE Fanabara. Cette organisation féminine développe un périmètre maraîcher de cinq hectares, soutenu par des infrastructures modernes — salle de formation, magasin de stockage — réalisées grâce à un financement de 300 millions de FCFA entre 2021 et 2024, avec l’appui du groupe OCP. Ce projet illustre concrètement l’articulation entre conservation de la nature et développement local, tout en renforçant l’autonomisation économique des femmes.
Le déplacement ministériel a également permis de parcourir plusieurs axes structurants du parc, notamment le circuit reliant Diénoudiala, la RN7, Linguékountou, Mare Woeni et le Camp du Lion, jusqu’à Simenti.
Sur ces tronçons, les enjeux opérationnels sont apparus avec acuité, en particulier la problématique des collisions entre véhicules et faune sauvage, liée à la traversée du parc par des axes routiers. Une situation qui appelle à des mesures renforcées de régulation et de sensibilisation.
Le parcours a également offert un aperçu de la richesse écologique du site, caractérisé par une grande diversité d’habitats savanes, forêts galeries, zones humides et salines naturelles propices à l’observation de nombreuses espèces. Parallèlement, l’état des infrastructures, les conditions de travail des agents et le rôle des communautés locales dans la valorisation touristique ont été au cœur des échanges.
Le Parc national du Niokolo-Koba abrite plus de 70 espèces de mammifères et 329 espèces d’oiseaux, faisant de lui un réservoir de biodiversité d’importance mondiale. Il joue également un rôle déterminant dans la régulation climatique, la séquestration du carbone et la préservation des ressources hydriques, notamment grâce au fleuve Gambie.
Au-delà de ses fonctions écologiques, le parc s’impose comme un levier de développement économique. L’écotourisme, ainsi que des activités génératrices de revenus telles que l’apiculture, le maraîchage et l’artisanat, participent à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.
Au terme de sa visite, le ministre a salué les progrès réalisés tout en appelant à la consolidation des acquis. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion inclusive, fondée sur une implication accrue des communautés locales et des acteurs privés.
La préservation du Parc national du Niokolo-Koba s’impose comme un impératif stratégique pour le Sénégal. Entre protection des écosystèmes, valorisation économique et engagements internationaux, le parc incarne aujourd’hui une réussite nationale et un modèle en devenir.