À quelques semaines de la Tabaski, le Sénégal traverse une période marquée par de fortes tensions économiques et sociales. Dans les marchés comme dans les foyers, une même interrogation s’impose : comment célébrer dignement cette fête religieuse dans un contexte de vie chère généralisée ?
Le Mouvement Thiès d’Abord exprime sa vive préoccupation face à la dégradation continue des conditions de vie des populations, particulièrement dans la région de Thiès.
Dans de nombreux quartiers, les ménages peinent à faire face aux dépenses essentielles du quotidien alimentation, transport, santé et éducation dans un contexte où les prix des moutons atteignent des niveaux difficilement soutenables, dépassant les 150 000 francs CFA. Cette situation rend de plus en plus inaccessible le sacrifice religieux pour une grande partie des citoyens.
À cette pression économique s’ajoute une situation sécuritaire préoccupante, marquée par une recrudescence des vols, du banditisme et du vol de bétail dans plusieurs localités. Éleveurs et populations vivent désormais dans un climat d’inquiétude permanente à l’approche de la fête.
Cette flambée des prix s’explique en grande partie par un déséquilibre structurel de la filière de l’élevage. Les éleveurs font face à des coûts de production élevés, notamment pour l’aliment de bétail, le transport et l’entretien, sans un accompagnement public suffisant. Par ailleurs, les difficultés économiques au Mali, principal fournisseur de moutons du Sénégal durant cette période, risquent d’aggraver davantage les tensions sur le marché national.
Le Mouvement Thiès d’Abord regrette également l’insuffisance de réponses des autorités locales face à ces défis, alors même que les collectivités territoriales devraient jouer un rôle plus actif dans l’accompagnement social des populations.
Face à cette situation, le silence et l’inaction ne sont plus acceptables.
Le Mouvement Thiès d’Abord appelle les autorités étatiques à prendre des mesures urgentes et concrètes, notamment :
le renforcement de la sécurité dans les zones d’élevage et les points de vente ;
le soutien effectif aux éleveurs par une baisse du coût de l’aliment de bétail ;
l’encadrement des prix afin de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs ;
l’anticipation des impacts des tensions sous-régionales sur l’approvisionnement du marché national.
La Tabaski ne doit pas devenir le symbole d’une fracture sociale où le droit de célébrer serait réservé aux ménages les plus aisés. Le Sénégal fait face à une épreuve sociale majeure. Les populations attendent des réponses concrètes, rapides et à la hauteur des défis.
Habib Vitin, Président
du Mouvement Thiès d’Abord