CENTENAIRE DE MAÎTRE WADE : « Un hommage appuyé à l’artisan de l’alternance démocratique

Au cœur de cette commémoration consacrée à Maître Abdoulaye Wade, Jiitël Wareef, le devoir en mouvement, le mouvement, par la voix de son président, élève une pensée recueillie vers celui qui fut l’un des plus illustres serviteurs de notre République.

Loin des clameurs du débat quotidien, il nous appartient, en ce jour de mémoire, de rendre à cet homme d’État exceptionnel l’hommage que la postérité exige et que la reconnaissance commande.

Maître Abdoulaye Wade traversa le dernier tiers du XXe siècle comme un veilleur obstiné, debout sous les bourrasques de l’adversité. Il porta longtemps, seul, l’étendard d’une opposition que beaucoup jugeaient vouée à l’impuissance. Il connut les cachots, l’exil intérieur, les silences complices des puissances établies. Rien ne le fit plier.

Son génie fut d’avoir su convertir la patience en stratégie et la persévérance en victoire.

L’année 2000 restera à jamais suspendue dans la mémoire nationale : l’alternance tant désirée, longtemps repoussée, advint par la grâce des suffrages populaires. Ce jour-là, Maître Wade ne gagna pas seulement une élection, il offrit au Sénégal une seconde naissance démocratique. Il prouva que le changement pouvait être le fruit paisible du scrutin et non le tumulte des révolutions.

Gouverner pour Maître Abdoulaye Wade ne fut pas administrer l’existant, mais oser l’inespéré. Il eut l’audace de projeter le Sénégal vers des infrastructures jusque-là réservées aux nations prospères : l’Aéroport international Blaise Diagne, véritable cathédrale de verre et de lumière ouverte sur le monde, offrant au Sénégal une porte aérienne digne des grandes nations et libérant Dakar de l’étreinte obsolète de son ancienne plateforme.

Le réseau Dakar Dem Dikk, tel un système nerveux parcourant la capitale, restitua aux populations la fluidité des déplacements, la dignité du transport quotidien et l’exigence d’un service digne d’une grande métropole.

La route à péage, ruban d’asphalte déroulé comme une promesse de modernité. Le Monument de la Renaissance africaine, géant de bronze tourné vers l’avenir, cri de pierre et d’orgueil d’un continent en élévation. Les zones économiques spéciales, laboratoires d’un Sénégal productif et ouvert au monde.

Dans les campagnes, la GOANA (Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance) traduisit sa conviction que la souveraineté d’un peuple se mesure aussi à la plénitude de ses greniers.

Il ne promettait pas : Maître Wade bâtissait. Il n’agissait pas seul : il entraînait une nation dans son sillage.

Le président Abdoulaye Wade ne fut pas seulement un homme d’État sénégalais. Il se voulut, par ses actions, l’avocat d’une Afrique debout. À la tête de l’Union africaine, il éleva la voix là où trop longtemps l’on avait chuchoté.

Il plaida pour l’annulation de la dette, pour la refonte des échanges inégaux, pour un NEPAD qui ne soit pas l’auxiliaire du Nord, mais le levier du Sud. Il parla aux puissants de son époque en fils d’un continent longtemps soumis, mais sans amertume, avec la dignité calme de celui qui sait que la justice finit toujours par triompher de l’arrogance.

Aujourd’hui, au-delà des années, il incarne encore cette Afrique fière, celle qui ne baisse jamais le regard. L’histoire, parfois cruelle, n’épargne aucun héritage : elle fait de toute œuvre un prisme aux facettes multiples.

Jiitël Wareef ne saurait ignorer les jugements contrastés que suscite encore l’action de Maître Abdoulaye Wade. Mais comment ne pas reconnaître, avec gratitude, ce qu’il a légué au Sénégal : l’alternance pacifique devenue un acquis démocratique, un réseau d’infrastructures majeures, et surtout une jeunesse nourrie à l’audace et à l’ambition ?

Par-dessus tout, il a inscrit dans notre imaginaire collectif la certitude que la politique, lorsqu’elle est guidée par la vision et la constance, peut transformer le destin d’une nation.

En cette année commémorative, Jiitël Wareef se veut un moment de recueillement et de mémoire, où chaque Sénégalais et chaque Africain s’arrête un instant sur le chemin parcouru.

Maître Abdoulaye Wade fut un lutteur, mais aussi un bâtisseur. Il est de ces hommes rares dont la vie elle-même constitue une leçon.

À vous, Maître Abdoulaye Wade, nous adressons, du plus profond de nos cœurs, l’expression de notre reconnaissance et de notre affection. Puisse le Très-Haut vous préserver encore de longues années parmi nous. Puisse votre souffle et votre legs continuer d’inspirer notre nation.

Que rien de grand ne se construise sans persévérance, sans courage, sans l’audace de croire en l’impossible. Puisse votre exemple éclairer encore nos chemins.

Vive la République, vive le Sénégal, vive l’Afrique.

Alassane Ndiaye
Président de Jiitël Wareef, le devoir en mouvement