L’atelier national sur la sécurité sanitaire des aliments (SSA) s’est ouvert ce lundi 15 juin 2026 à Dakar. Organisée du 15 au 17 juin 2026 par la Direction de la Réglementation Environnementale et du Contrôle (DIREC), cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet régional P108 des Centres d’Excellence CBRN de l’Union européenne.
Réunissant experts nationaux et internationaux, des représentants des sectoriels, des laboratoires, du secteur privé, des organisations de consommateurs, et des partenaires techniques et financiers, cet atelier vise à valider les résultats des évaluations juridiques et techniques menées au Sénégal afin de consolider la gouvernance de la sécurité alimentaire, d’élaborer une feuille de route et de renforcer la résilience du système agroalimentaire national.
Monsieur Christophe Casas, Attaché régional de réponse aux crises au sein de l’Équipe régionale des Instruments de Politique Étrangère de l’Union européenne, a rappelé l’importance stratégique de cette initiative pour les pays de la façade atlantique africaine. « La sécurité sanitaire des aliments est une nécessité vitale pour la santé publique, la stabilité économique et la sécurité régionale », a-t-il déclaré, soulignant que près de 137 000 décès et 91 millions de cas graves de maladies d’origine alimentaire sont enregistrés chaque année en Afrique selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé.
Selon lui, le projet P108 constitue une réponse structurante face aux défis liés aux contaminations alimentaires, aux fraudes, aux risques chimiques et biologiques ainsi qu’aux menaces émergentes amplifiées par les changements climatiques et les crises sanitaires. Depuis son lancement fin 2024, le projet a permis la réalisation de diagnostics juridiques et techniques, la cartographie des acteurs concernés et le recrutement d’experts nationaux dans plusieurs pays partenaires.
Au nom du Comité national du Codex Alimentarius, le Professeur Amadou Diop a insisté sur la nécessité d’une approche multisectorielle et fondée sur la science pour garantir la sécurité des aliments.
Il a rappelé que cette rencontre fait suite à un premier atelier organisé le 5 juin dernier, qui avait permis d’identifier les besoins prioritaires en matière de formation et de renforcement des capacités.
Les futures formations porteront notamment sur les dangers biologiques, chimiques, radiologiques et allergéniques, les bonnes pratiques d’hygiène, l’approche HACCP, la gestion des crises alimentaires, le contrôle officiel ainsi que la prévention de la fraude alimentaire et la protection de la chaîne alimentaire contre les actes malveillants. « Les travaux qui seront menés ici devront contribuer à bâtir un système national plus résilient, plus performant et mieux préparé aux risques émergents », a-t-il souligné.
Pour Baba Dramé, Directeur de la Réglementation Environnementale et du Contrôle (DIREC), cet atelier représente un tournant majeur dans la mise en œuvre du projet au Sénégal.
Il a rappelé que les analyses réalisées depuis le lancement du projet ont permis d’identifier les forces et les faiblesses du système national de contrôle alimentaire. Parmi les défis relevés figurent notamment le déficit d’équipements modernes dans certains laboratoires, les insuffisances de financement, la nécessité d’harmoniser les textes réglementaires et le renforcement de la coordination entre les différentes institutions concernées. « Ces constats ne doivent pas être perçus comme des obstacles, mais comme des leviers d’action », a-t-il affirmé.
Selon lui, les conclusions de cet atelier conditionneront la prochaine phase du projet, notamment le déploiement de programmes de formation spécialisés et la mise en œuvre d’actions prioritaires destinées à moderniser le système national de sécurité alimentaire.
Pendant trois jours, les participants auront pour mission d’examiner les conclusions des évaluations juridiques et techniques, de valider les recommandations formulées par les experts et d’élaborer une feuille de route nationale.
Cette feuille de route devra permettre de renforcer durablement le cadre réglementaire, les capacités techniques des laboratoires, les mécanismes de contrôle et la gestion des crises alimentaires. Elle visera également à améliorer la coordination entre les administrations publiques, le secteur privé, les organismes scientifiques et les organisations de consommateurs.
PMF