CRISE SANS PRÉCÉDENT AU MESRI À LA SUITE D’UNE DÉMISSION COLLECTIVE : Kamah lâché de toutes parts

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) traverse une zone de fortes turbulences. Plusieurs hauts responsables du département ont remis leur démission, sur fond de désaccords avec le nouveau ministre Boubacar Camara sur les orientations de la politique universitaire.

Parmi les démissionnaires figurent le professeur Abdoul Aziz Diouf, Directeur général de l’Enseignement supérieur (DGES), le professeur Babou Diene, Directeur de l’Enseignement supérieur public (DESPub), Mame Penda Ba, Directrice du Financement des Établissements d’Enseignement Supérieur (DFEES), El Hadji Omar Thiam, Directeur des Études et de la Coopération (DEC), ainsi que El Hadji Samba Ndiaye, Directeur des Affaires académiques et juridiques (DAAJ).

Selon des sources proches du dossier, ces responsables auraient motivé leur décision par des « désaccords profonds » avec la nouvelle ligne impulsée par le ministre Boubacar Camara. Ils exprimeraient notamment des réserves sur plusieurs projets et réformes portés par le département.

Les points de divergence concerneraient notamment le projet Espoir-Jeunes, évalué à 123 milliards de francs CFA, ainsi que le programme « Un étudiant, un ordinateur », doté d’un financement public annoncé de 6 milliards de francs CFA par an. Les démissionnaires auraient également émis des critiques sur certains projets de décrets relatifs aux allocations d’études.

Cette série de départs intervient quelques semaines seulement après l’installation du nouveau ministre et relance le débat sur la gouvernance du secteur de l’enseignement supérieur, confronté depuis plusieurs années à des défis liés au financement, aux conditions d’apprentissage et à l’insertion professionnelle des diplômés.

Le ministère n’a pas encore officiellement communiqué sur ces démissions ni sur les mesures envisagées pour assurer la continuité du service.