Le retour de l’ancien président de la République, Macky Sall, à Dakar, ce vendredi 17 juillet 2026, constitue un moment à forte portée politique, diplomatique et institutionnelle. Premier déplacement au Sénégal depuis son départ du pouvoir, cette visite éclair est marquée par une audience avec le président Bassirou Diomaye Faye, avant un départ prévu le même jour pour les États-Unis.
Au-delà des enjeux liés à la candidature de l’ancien chef de l’État au poste de Secrétaire général des Nations unies, cette séquence met en lumière la solidité des institutions sénégalaises et la maturité démocratique du pays.
Selon les autorités, Macky Sall ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire ni d’aucune condamnation. Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a rappelé que l’ancien président demeure un citoyen sénégalais jouissant pleinement de ses droits, notamment celui d’entrer et de sortir librement du territoire national. Cette position s’inscrit dans le respect de la Constitution et des principes de l’État de droit.
La rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur revêt également une dimension diplomatique. Macky Sall sollicite le soutien officiel du Sénégal dans le cadre de sa candidature à la tête de l’Organisation des Nations unies. Quelle que soit l’issue des échanges, le simple fait qu’un ancien président soit reçu par son successeur dans un cadre républicain témoigne de la continuité de l’État et du fonctionnement normal des institutions.
Parallèlement, plusieurs organisations de la société civile, dont le mouvement Y en a marre et des collectifs de victimes des événements politiques de 2021 à 2024, ont exprimé leur opposition à cette visite et annoncé des manifestations. Ces organisations estiment que les responsabilités liées aux violences survenues durant cette période doivent être établies.
Cette divergence de points de vue illustre le fonctionnement normal d’une démocratie, où les citoyens peuvent exprimer leurs revendications dans le respect des lois, tandis que les institutions continuent d’exercer leurs missions conformément au droit.
Pour éviter toute tension, Macky Sall a opté pour un déplacement de quelques heures, sans rassemblement politique ni bain de foule, privilégiant un agenda strictement institutionnel.
Au final, cette visite dépasse la personne de Macky Sall ou les clivages politiques. Elle rappelle que la République repose sur des règles, des institutions et le respect de la légalité. Le fait qu’un ancien président puisse revenir librement dans son pays, être reçu par son successeur et poursuivre ses ambitions internationales constitue, pour de nombreux observateurs, une illustration de la stabilité institutionnelle du Sénégal.
Dans un contexte régional souvent marqué par les crises politiques, cette séquence renforce l’image d’un Sénégal attaché à l’État de droit, au dialogue républicain et à la continuité de ses institutions. C’est aussi cela qui fait la grandeur du Sénégal : la capacité de placer les intérêts supérieurs de la Nation au-dessus des divergences politiques et de préserver le prestige du pays sur la scène internationale.