PRODUCTEURS D’OIGNONS À NGOMENE : La filière au bord de l’asphyxie

Les producteurs d’oignons de la commune de Ngomène, dans le département de Pout (région de Thiès), tirent la sonnette d’alarme. Réunis ce mardi sur leur site de stockage à l’air libre, où des milliers de sacs d’oignons sont exposés aux intempéries, les membres du Groupement d’intérêt économique (GIE) des cultivateurs dénoncent une grave crise de commercialisation qui menace leurs récoltes et leur survie économique.

Face à la presse, les producteurs ont fait état d’importantes pertes déjà enregistrées, conséquence, selon eux, des difficultés d’écoulement de leur production et du manque d’infrastructures de stockage adaptées. Ils redoutent que la poursuite des pluies n’entraîne la détérioration de milliers de tonnes d’oignons encore invendues.

Cette situation compromet également leur capacité à rembourser les prêts contractés pour financer la campagne agricole. « Nous avons investi grâce à des crédits et aujourd’hui nous ne pouvons même pas vendre notre production », ont-ils déploré, appelant le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à intervenir en urgence pour sauver la filière horticole.

Les producteurs ont également interpellé le ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop, ainsi que le directeur général de l’Agence de régulation des marchés (ARM), Babacar Sembène. Ils reprochent à ce dernier de ne pas avoir respecté les engagements pris envers les producteurs après avoir assuré publiquement que la production nationale permettait de satisfaire la demande du marché.

Selon eux, les décisions prises par l’ARM ont eu pour effet de bloquer la commercialisation de leur récolte, provoquant l’arrêt des commandes de plusieurs commerçants. Ils réfutent par ailleurs les affirmations selon lesquelles ils auraient refusé de vendre leurs oignons au prix convenu, qualifiant ces accusations de « fausses informations ».

Estimant que Babacar Sembène a perdu la confiance des producteurs, les membres du GIE réclament son départ de la tête de l’ARM. Ils considèrent qu’un changement de gouvernance est devenu nécessaire pour rétablir un climat de confiance entre les autorités et les acteurs de la filière.

Au-delà de cette revendication, les producteurs demandent au chef de l’État de prendre des mesures immédiates afin de protéger la production nationale. Ils plaident pour une meilleure régulation du marché, l’accélération des projets de construction de chambres de stockage et l’ouverture d’un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs de la filière horticole.

À Ngomène, l’inquiétude est désormais palpable. Pour les producteurs, sans une intervention rapide des pouvoirs publics, une grande partie de la récolte risque d’être perdue, avec des conséquences économiques et sociales importantes pour des centaines de familles vivant de la culture de l’oignon.