COUPURES, CHALEUR, FACTURES : La colère de Diomaye

Le Sénégal replonge-t-il dans les vieux souvenirs des délestages ? Depuis plusieurs jours, les perturbations du réseau électrique exaspèrent les usagers, particulièrement éprouvés par les fortes chaleurs. Alors que les températures poussent les ménages à utiliser davantage climatiseurs, ventilateurs et appareils de refroidissement, les coupures viennent compliquer davantage le quotidien des Sénégalais.

Invité ce lundi 21 septembre 2026 au journal télévisé de la RTS, le directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, a tenté d’expliquer cette situation en évoquant une succession d’incidents techniques ayant affecté les capacités de production.

Encore des pannes, encore des explications

Selon le DG de la Senelec, une défaillance sur le système FSRU de la centrale flottante de Karpowership aurait privé le réseau d’environ 200 MW. À cela se serait ajoutée une avarie sur l’une des turbines de la centrale de Cap des Biches.

À entendre ces explications, les perturbations actuelles seraient donc principalement la conséquence d’une accumulation d’incidents techniques.

Mais pour les usagers, le constat est beaucoup plus simple : le courant manque au moment même où les besoins sont les plus importants.

Après des années durant lesquelles les délestages ont constitué un véritable problème pour les ménages et les entreprises, leur retour, même présenté comme temporaire, ravive forcément les inquiétudes.

Quand la chaleur augmente, le courant disparaît

Le paradoxe est particulièrement difficile à accepter pour les consommateurs.

En pleine période de forte chaleur, la demande en électricité augmente mécaniquement. Les Sénégalais sollicitent davantage la climatisation, les ventilateurs et les équipements de refroidissement. C’est précisément dans ce contexte que le réseau se retrouve confronté à une baisse de ses capacités disponibles.

Pour les ménages, les conséquences sont immédiates : chaleur étouffante dans les maisons, appareils électriques qui s’arrêtent, activités professionnelles perturbées et inquiétudes concernant les équipements sensibles aux coupures et aux variations de tension.

Des factures qui augmentent, un service qui inquiète

À cette situation s’ajoute une autre question, particulièrement sensible : celle des factures d’électricité.

Pour de nombreux consommateurs, le contraste est difficile à comprendre : la consommation augmente en raison de la chaleur et de l’utilisation accrue des équipements de refroidissement, tandis que les perturbations du réseau viennent dégrader la continuité du service.

Le sentiment qui gagne certains usagers est alors amer : payer davantage tout en subissant davantage de coupures.

La question mérite donc d’être posée clairement : comment expliquer aux consommateurs l’évolution de leurs factures alors que, dans le même temps, la fourniture d’électricité connaît de nouvelles perturbations ?

Cette interrogation ne peut pas être balayée par la seule explication des incidents techniques. Elle renvoie plus largement à la fiabilité du système, à la capacité de production disponible et à la gestion du réseau face aux pics de demande.

Le gazole, les contraintes logistiques et les finances de Senelec

Le DG de la Senelec a également évoqué les difficultés liées à l’utilisation du gazole à Cap des Biches, en attendant la disponibilité du gaz naturel.

Selon ses explications, les contraintes d’approvisionnement auraient conduit à utiliser un combustible contenant des impuretés, provoquant un encrassement plus rapide des filtres et nécessitant des interventions techniques répétées.

À cela s’ajoute, toujours selon Papa Toby Gaye, le poids du coût du gazole dans un contexte de hausse des cours mondiaux.

Autrement dit, la Senelec se retrouve confrontée à une équation particulièrement délicate : des capacités de production indisponibles, des équipements nécessitant des interventions, un combustible coûteux et une demande qui augmente avec la chaleur.

Mais là encore, ce sont les consommateurs qui subissent directement les conséquences de ces difficultés.

Jeudi comme nouvelle échéance

Pour tenter de rassurer les Sénégalais, Papa Toby Gaye annonce une amélioration de la situation à partir de jeudi.

La pompe destinée à remplacer l’équipement défaillant de la centrale flottante serait arrivée à Dakar et son installation devrait permettre de récupérer environ 200 MW. À Cap des Biches, les techniciens poursuivent parallèlement les opérations d’inspection de la turbine en panne.

La promesse est donc claire : un retour à la normale à partir de jeudi, sous réserve du bon déroulement des opérations.

Mais après plusieurs jours de perturbations, les Sénégalais attendent désormais moins des explications que des résultats.

Car lorsqu’il fait une chaleur accablante, que les climatiseurs tournent davantage et que les factures pèsent déjà lourd sur les ménages, le retour des délestages est vécu comme un sérieux recul.

La Senelec devra donc rapidement démontrer que cette situation n’est qu’un épisode ponctuel et non le début d’un nouveau cycle de difficultés électriques.

Pour les consommateurs, une seule réponse sera réellement convaincante : un courant disponible, stable et continu — et une facture dont le montant peut être clairement compris et justifié.

La colère de Diomaye

Selon des sources, le chef de l’État serait très en colère face à la situation liée au retour des délestages. Il aurait donné des instructions fermes pour un retour à la normale dans les plus brefs délais.

Une source de L’Évidence révèle que cette situation serait d’ailleurs l’une des raisons de la sortie médiatique du directeur général de la SENELEC, Pape Toby Gaye, qui a tenté d’apporter des explications sur les perturbations enregistrées ces derniers jours.