Après plusieurs mois de déplacements à travers les 14 régions du Sénégal, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Ba, a bouclé samedi 3 octobre à Matam la tournée nationale de suivi de la campagne agricole 2026. Une tournée placée sous le signe de l’écoute, du dialogue direct avec les producteurs et de la recherche de réponses aux contraintes identifiées sur le terrain.
Accompagné du CNCR, de la DYTAES, des organisations paysannes, des autorités administratives et territoriales et des services techniques, le ministre a échangé avec les acteurs sur les différentes réalités de la campagne. À Matam, les discussions ont notamment porté sur la mécanisation, l’accès à l’eau et à l’électricité, la solarisation, les aménagements hydro-agricoles, les équipements, la commercialisation et l’accès des femmes et des jeunes au foncier.
Le coût élevé de l’électricité, qui pèse sur l’irrigation et l’utilisation des motopompes, figure parmi les principales préoccupations. La solarisation des forages et des systèmes d’irrigation, notamment pour la riziculture, a été évoquée comme une piste pour réduire les charges et améliorer les conditions de production.
Face au déficit pluviométrique, les producteurs ont également insisté sur la nécessité d’adapter les systèmes de production, notamment à travers l’utilisation de variétés améliorées et adaptées aux conditions climatiques, dont certaines variétés hybrides de maïs. La place des jeunes et des femmes a aussi été au cœur des échanges, avec des appels au renforcement d’initiatives comme Agri-jeunes et à un meilleur accès des femmes à la terre et aux facteurs de production.
Le renforcement des services techniques, notamment la SAED et la DPV, a également été identifié comme une priorité. Les participants ont par ailleurs plaidé pour une approche davantage structurée par chaîne de valeur, associant le secteur privé et les opérateurs économiques à toutes les étapes, de la production à la transformation et à la commercialisation.
Le président du CNCR, Nadjirou Sall, a salué cette démarche fondée sur le dialogue direct avec le monde rural et appelé à une réflexion sur l’organisation des producteurs. Pour le ministre, toutefois, l’écoute ne constitue qu’une première étape.
« On ne vient pas seulement pour écouter et partir. On vient pour comprendre les problèmes, résoudre ce qui peut l’être sur place et envisager avec vous une planification pour corriger le reste », a déclaré Dr Cheikhou Oumar Ba.
Après 14 régions parcourues, la tournée nationale s’achève ainsi sur une nouvelle phase de transformer les préoccupations recueillies en réponses coordonnées et assurer leur suivi. Le MASAE annonce également la préparation, à partir de novembre, des prochaines étapes consacrées notamment à l’élevage et à l’horticulture.