Coordonnateur du parti Kiiraay, chargé des affaires religieuses et culturelles et conseiller départemental de Kaolack, Cheikh Ibrahima Diallo défend la création de cette nouvelle formation politique par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Dans un entretien accordé, il appelle le chef de l’État à renforcer ses bases politiques, à revoir son entourage et à assumer pleinement son autorité. Il annonce également sa candidature à la mairie de Kaolack pour les élections locales de 2027, avec un programme axé sur l’assainissement, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes et le développement touristique de Médina Baye.
La création du parti Kiiraay par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter des réactions sur la scène politique sénégalaise. Pour Cheikh Ibrahima Diallo, coordonnateur de cette formation à Kaolack, cette initiative relève d’un choix politique cohérent, dicté par la nécessité pour le chef de l’État de disposer de sa propre force politique afin de conduire son action.
Selon lui, après deux années de collaboration avec ses anciens camarades, auxquels différentes responsabilités avaient été confiées, le président de la République devait tirer les conséquences de cette expérience. Il estime qu’en politique, il n’y a pas de demi-mesure et que Bassirou Diomaye Faye doit désormais s’appuyer sur ses propres forces pour mettre en œuvre sa vision.
Abordant le slogan « Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko », Cheikh Ibrahima Diallo considère que cette formule appartenait à la période de conquête du pouvoir. À ses yeux, l’exercice du pouvoir impose aujourd’hui de distinguer les responsabilités du président de la République de celles du président du parti Pastef, Ousmane Sonko.
Le responsable de Kiiraay dénonce ce qu’il présente comme des actes de sabotage ce qu’il faisait lors qu’il était à la tète du gouvernement. Il invite Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités et à écarter, le cas échéant, les personnes dont les positions seraient contraires aux intérêts du pays. Il critique également la gestion des relations avec les partenaires financiers internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, qu’il estime fragilisées par les tensions politiques créer par ce dernier.
Pour Cheikh Ibrahima Diallo, la consolidation de Kiiraay passe par un renforcement de son organisation et par le choix de responsables capables de mobiliser les populations sur le terrain. Il rappelle le rôle qu’il attribue à Aminata Touré dans la supervision générale du processus ayant conduit à la création du parti et plaide pour que le président de la République s’entoure de profils expérimentés, engagés et proches des citoyens.
Il estime que certains acteurs de l’entourage présidentiel disposent davantage de compétences techniques que d’une véritable expérience politique de terrain. À son avis, la réussite de Kiiraay dépendra de sa capacité à intégrer des hommes et des femmes capables d’aller à la rencontre des populations, de comprendre leurs préoccupations et de porter efficacement le projet présidentiel.
Évoquant les tiraillements internes au sein de la nouvelle formation, il appelle à clarifier les responsabilités et à reconnaître la place des membres fondateurs dans les instances dirigeantes. Il invite également le président de la République à désigner des profils crédibles pour diriger les coordinations du parti.
Concernant la date des prochaines élections locales, Cheikh Ibrahima Diallo estime que Bassirou Diomaye Faye sait ce qu’il fait et qu’il annoncera le calendrier au moment opportun. Il critique les acteurs qui, selon lui, entretiennent la polémique autour de cette question sans avoir apporté de réponses suffisantes lorsqu’ils exerçaient des responsabilités gouvernementales.
Sur le plan local, le coordonnateur de Kiiraay à Kaolack met en avant les nominations de ressortissants de la région à des postes de responsabilité, notamment au sein du gouvernement et dans les directions publiques. Il considère ces nominations comme un signe de considération envers Kaolack.
Il salue également la perspective d’une organisation de la fête de l’Indépendance du Sénégal à Kaolack en 2029, qu’il présente comme une occasion de renforcer les infrastructures, de moderniser la ville et de favoriser la mise en œuvre d’un plan directeur d’aménagement.
Dans le même esprit, il estime que Médina Baye, compte tenu de son rayonnement religieux et de son attractivité internationale, mérite un statut particulier qui lui permettrait de mieux organiser son développement et de devenir un véritable pôle de tourisme religieux. Il appelle à renforcer son autonomie de gestion et à créer un environnement favorable aux investisseurs.
Cheikh Ibrahima Diallo dresse par ailleurs un bilan critique des retombées du passage d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement pour Kaolack, estimant que la ville n’a pas suffisamment bénéficié de cette période. Il affirme que les nouvelles responsabilités confiées à des personnalités de la région ainsi que les projets annoncés par le président Bassirou Diomaye Faye pourraient contribuer à changer la situation.
Dans la perspective des élections locales de 2027, Cheikh Ibrahima Diallo annonce sa candidature à la mairie de Kaolack. Il affirme vouloir accompagner l’action du président de la République tout en proposant une nouvelle orientation pour le développement de la capitale du Saloum.
Son programme s’articule autour de plusieurs priorités : l’assainissement, l’employabilité des jeunes, l’accompagnement des élèves et des étudiants, la création de structures de production et de formation, ainsi que le renforcement de l’accès des femmes au crédit et aux financements.
Le candidat déclaré ambitionne également de faire de Médina Baye une destination majeure du tourisme religieux, en valorisant son patrimoine spirituel et son potentiel économique.
Pour justifier son engagement municipal, il évoque la nécessité de doter Kaolack d’un véritable plan directeur d’urbanisme. Il cite notamment l’héritage de Valdiodio Ndiaye, qu’il présente comme une figure ayant porté une vision d’aménagement pour la ville.
Sur l’actualité nationale, Cheikh Ibrahima Diallo s’est également exprimé sur le blocage de la loi de finances rectificative par les députés de Pastef, qu’il considère comme une contradiction politique. Il appelle le président de la République à prendre ses responsabilités et va jusqu’à préconiser la dissolution de l’Assemblée nationale, qu’il juge incapable, selon lui, de servir efficacement les intérêts des populations.
Il estime que les tensions entre les institutions et les responsables politiques ne doivent pas compromettre la conduite des affaires publiques. Ses propos traduisent une volonté de voir le chef de l’État affirmer davantage son autorité dans la gestion du pays.
Concernant les relations entre Bassirou Diomaye Faye et l’ancien président Macky Sall, notamment dans le contexte des Nations unies, il considère qu’un dialogue entre les deux hommes pourrait être bénéfique au Sénégal. Il voit dans cette possibilité une démarche politique envisageable, tout en estimant que Macky Sall demeure libre de poursuivre son engagement au sein de sa propre formation politique, conformément aux principes démocratiques.
En conclusion, Cheikh Ibrahima Diallo invite les populations de Kaolack à rejoindre Kiiraay pour accompagner le président Bassirou Diomaye Faye dans la réalisation de ses projets. Il présente le nouveau parti comme une alternative politique susceptible d’impulser une nouvelle dynamique dans la région.
Il appelle également les acteurs politiques à privilégier le débat d’idées et les propositions concrètes plutôt que les attaques personnelles, les insultes ou les propos visant les familles des adversaires. Pour lui, de telles pratiques relèvent davantage de la méchanceté que du débat politique.
Enfin, tout en reconnaissant les réalisations du maire de Kaolack, Serigne Mboup, il l’invite à rejoindre Kiiraay afin de contribuer, avec d’autres acteurs, à la transformation de la ville. Un appel qui illustre la volonté de Cheikh Ibrahima Diallo de faire de la prochaine échéance municipale un rendez-vous décisif pour l’avenir de Kaolack.