Le Collectif Rappel relève un décalage de plus en plus visible entre le discours politique d’Ousmane Sonko dans l’opposition et ses pratiques depuis son accession au Pouvoir. Hier pourfendeur des choix d’investissement de Macky Sall, aujourd’hui utilisateur régulier des infrastructures réalisées sous son magistère, l’ex Premier ministre semble avoir progressivement adopté une autre lecture de l’héritage qu’il combattait.
Cette situation soulève trois observations majeures.
1. Les infrastructures de Macky Sall : hier des dépenses de prestige, aujourd’hui des outils du pouvoir
Pendant des années, Ousmane Sonko a dénoncé les investissements de Macky Sall, qu’il présentait comme des dépenses de prestige, déconnectées des véritables préoccupations des Sénégalais.
Pourtant, depuis son installation à la Primature a son recyclage aujourd’hui à l’Assemblee, il n’a cessé d’utiliser ces mêmes infrastructures pour ses activités officielles et politiques.
Du salon d’honneur de l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), où il accueille ses hôtes et organise des rencontres internationales, en passant par le Train express régional (TER), le BRT, le prolongement de la Vdn, des auto-ponts, les aménagements autour de la corniche et le Building administratif, les exemples sont nombreux.
La contradiction se poursuit avec le stade Abdoulaye-Wade, qui accueille des compétitions sportives internationales, et la Dakar Arena, devenue pour lui, un espace de rassemblement pour ses meetings politiques.
Le Collectif Rappel constate ainsi que celui qui a longtemps combattu ces investissements contribue aujourd’hui, par leur utilisation, à mettre en lumière leur utilité dans le fonctionnement du pays.
2. Les JOJ Dakar 2026 : une réussite rendue possible par les investissements hier dénoncés
À la cérémonie d’ouverture des des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le monde entier a mis les yeux sur les installations présentes au Senegal, infrastructures qui ne sont pas étrangères à la reussite des jeux. Un fait concret qui constitue un autre exemple de cette contradiction du discours de Sonko.
Comment peut-on dénoncer les investissements réalisés sous Macky Sall, le stade Abdoulaye Wade et son piste olympique, Dakar Arena et son complexe sportif et la réhabilitation de la piscine olympique, toutes à l’initiative du président Macky Sall et, dans le même temps, bénéficier de ces infrastructures pour organiser une compétition internationale de cette envergure ?
Pour nous le collectif, si Ousmane Sonko estime toujours que ces réalisations n’étaient pas opportunes, il devrait tout simplement boycotter les jeux auquels il n’est d’ailleurs pas invité, ne participer aux Joj, ni de près ni de loin.
Le Collectif Rappel souligne ainsi le paradoxe de celui qui bénéficie aujourd’hui de réalisations qu’il a longtemps présentées comme injustifiées, dans un contexte où Ousmane Sonko avait également fait de la dette dite cachée un argument majeur.
Le collectif lui rappelle que a la sortie de sa maison à la cité Keur Gorgui en passant par le péage au vol de air Senegal qu’a son arrivée à l’aéroport de Ziguinchor, Sonko justifie au quotidien l’œuvre de Macky Sall qu’il a voulu ternir avec le programme de réhabilitation des aéroports du Senegal.
Plus encore, sa ressente participation au lancement de Sn10 de Sadio Mané est une autre illustration des réalisations, de Ziguinchor à Bambaly, lui et sa délégation ont parcouru des kilomètres de route a l’actif de Macky Sall
Alors, si les investissements financés dans le cadre de l’endettement public ont contribué à doter le pays d’infrastructures utiles, il appartient a Sonko d’expliquer aux Sénégalais comment il articule aujourd’hui la dénonciation de cette dette avec l’exploitation des réalisations auxquelles elle a contribué.
Pour le collectif, meme le bulding administratif qui avait servi de cadre pour parler de soit disant dette cachée est financé par les financement qui décriait
3. Sonko devrait être logique avec lui-même : pourquoi ne pas boycotter ces infrastructures ?
Face à ces contradictions, le Collectif Rappel invite Ousmane Sonko à aller jusqu’au bout de sa propre logique politique.
Nous l’invitons à ne plus utiliser les infrastructures héritées de Macky et d’abandonner ainsi l’usage des auto ponts tout au long de Dakar, des aéroports, du bloc administratif de Diamniadio entre infrastructures administratives et d’hébergement
S’il considère toujours que ces investissements relevaient de dépenses de prestige et constituaient une mauvaise orientation des ressources publiques, pourquoi continue-t-il de les utiliser pour ses activités parlementaires s et politiques ?
Par cohérence avec ses déclarations passées, il devrait alors renoncer à utiliser le salon d’honneur de l’AIBD, le CICAD, le Building administratif ou encore la Dakar Arena.
La politique exige de la cohérence. La responsabilité impose également de reconnaître les acquis, indépendamment de l’identité de ceux qui les ont réalisés.
Le Collectif Rappel estime qu’il est temps de sortir des postures politiques et de confronter les déclarations aux faits. La rupture ne doit pas être un discours à géométrie variable.
LE COLLECTIF RAPPEL