Il a fait cette invite ce Mercredi 01 Janvier 2025 au village de Djongol. Une localité située dans la commune de Suelle, département de Bignona, arrondissement de Sindian, à quelques encablures de la Gambie. C’est en présence d’acteurs de la paix comme le GRPC, la plateforme des Femmes pour la paix en Casamance (PFPC), des préfets et sous-préfets entre autres.
« Je viens vous voir en tant qu’eveque, en tant qu’envoyé par le Christ qui a appelé des apôtres et les évêques sont les successeurs des apôtres. Les apôtres à la fin de leur vie ont transmis à d’autres. De génération en génération, jusqu’aujourd’hui donc l’évêque est successeur des apôtres. C’est avec cette force et l’esprit saint que je suis venu ici dans ce village de Djongol, pour vivre avec vous ce jour spécial qui est le premier jour de l’année. Mais qui est aussi un jour dédié à la paix, un jour consacré à la vierge Marie », a dit Monseigneur Jean Baptiste Walter Manga qui poursuit: « Je suis venu aussi pour me faire voir et aussi vous voir en tant que votre père. Je suis venu vous voir après l’avoir fait à la cathédrale qui est mon église principale, et fait le tour de certaines paroisses et villages de Ziguinchor. La paroisse d’Enampore, à la paroisse de Niaguis, dans le village d’Adéane, dans la paroisse de Nyassia, dans le village de Kaguitte et aujourd’hui ici à Djongol qui dépend de l’église de Balandine et après Hilol ».
Il déclare : »Quand vous voyez tout ce tour que je fais, je l’ai pas fait au hasard. Je voulais donner un sens à tout ce mouvement, après mon ordination, après les paroles que j’ai prononcées le jour de mon ordination. Tu as un compte à rendre. Si je suis venu ici vous êtes une petite communauté, vous êtes loin du centre et vous êtes dans une situation difficile depuis des années. Ce que j’ai dit à Kaguitte le jour de Noël c’est ce que je vais vous redire ici à Djongol. Je suis venu ici à Djongol pour qu’on change l’image de notre village de Djongol. Pour qu’on change l’image de notre région de Casamance. Quand on parle de Djongol, de Kaguitte les gens ne pensent qu’à la guerre. C’est ce que je veux que nous changeons c’est à nous de faire en sorte qu’on puisse apporter même un regard positif sur nos villages, sur notre région. C’est pourquoi je suis venu pour que nous travaillions à changer l’image de notre région. Nous travaillons à changer l’image de nos villages, de nos villes. *Que nos villages et villes ne soient plus des résonances de tensions, du conflit, de guerre. Mais au contraire des lieux où se construit la paix. Voilà pourquoi je suis venu vous bénir. Quand on fait l’expérience de Dieu, on garde sur soi, sur son visage, sur sa présentation à l’autre des traces de cette présence. Si Dieu détourne son visage de nous on ne peut pas avoir la paix. Or nous sommes conscients que Dieu a déjà tourné son visage vers nous, c’est maintenant à nous de tourner notre visage vers Dieu pour que nos regards se croisent. Ce que Dieu veut c’est la conversion de notre cœur la conversion sans laquelle toute paix est impossible. il nous faut d’abord la conversion du cœur pour qu’on puisse regarder Dieu face à face ».
Monseigneur Jean Baptiste Walter Manga de préciser que c’est le message que le Chef d de l’état leur a dressé lors de son discours du 31 Décembre, en leurs indiquant particulièrement « en ce qui nous concerne ici la Casamance, a une paix définitive qui serait facteur du développement. C’est ma prière et je voudrais qu’elle soit la nôtre. Nous entrons dans une année jubilaire, l’église entre dans une année jubilaire qui est une année de grâces. La terre a donné son fruit c’est à nous que notre terre de Casamance puisse donner son fruit. Un fruit qui nourrit ses enfants. C’est à nous de faire en sorte la terre produise ce qui donne la vie et pas ce qui donne la mort. Que notre terre ne produise pas ce qui rend esclave, ce qui rend dépendant. L’année jubilaire c’est une année de libération de tous les prisonniers. Mais la prison ce n’est pas là où on a enfermé des gens qui sont accusés. Toutes les prisons de nos vie, il en est où nous devons tous travailler à libérer tous les prisonniers. Voilà pourquoi je dis nous ne pouvons pas produire ce qui enferme. Je vous le dis en tant que votre évêque, votre pasteur pour que nous prenions chacun sa responsabilité. Et que tout ce que tu fais à quelqu’un d’autre tu le fais à ton frère. Nous sommes tous frères et que quand un homme tue un autre c’est qu’il a tué son frère même si c’est un ennemi c’est ton frère ». Pour Madame Ndéye Marie Thiam présidente de la plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), pour construire un avenir où chaque individu se sent valorisé nous devons cultiver un esprit de pardon et de réconciliation. « Cet événement trouve tout son sens dans la promotion de la paix, du vivre ensemble, de la compréhension entre les différentes cultures et religions.Ce moment revêt une importance particulière alors que notre mariage nde fait face à de nombreux d fis. Conflits, extrémisme violents cybercriminalité, violences de toutes sortes, inégalités, division. Ensemble nous croyons fermement que la paix est possible. Mais elle nécessite notre ferme engagement collectif. La paix ne se limite as seulement à l’absence de guerre. Elle va plus loin elle requiert la vérité, le respect de la dignité pour tous les êtres humains. « Comment parler de la paix si on est en situation de déplacés ou de réfugiés. Comment être en paix où le minimum de socioservices de base est inexistant dans notre environnement pour les déplacés ou les réfugiés revenus au bercail. Comment savourer la paix si nos activités économiques sont bloquées par la menace des mines. Nos terres pollués par des engins explosifs où des femmes dans certains coins de notre région ne se sentent pas en sécurité. Pour construire un avenir où chaque individu se sent valorisé nous devons cultiver un esprit de pardon et de réconciliation », a t-elle souligné.
Ibrahima GOUDIABY