À la suite de la récente sortie du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, le banquier Madana Kane est monté au créneau pour apporter des clarifications et tirer la sonnette d’alarme sur la stratégie d’endettement de l’État.
Dans un contexte économique marqué par des tensions sur les finances publiques, Madana Kane met en garde contre le recours à des emprunts à des conditions défavorables pour rembourser des dettes existantes.
« Emprunter à des taux plus élevés que la dette que l’on veut rembourser avec les fonds reçus est une catastrophe », a-t-il déclaré, pointant une pratique susceptible d’aggraver le coût global de la dette et de fragiliser davantage sa soutenabilité.
Selon lui, une telle approche reviendrait à alourdir le fardeau financier de l’État, en substituant des engagements moins coûteux par d’autres plus onéreux, sans apporter d’amélioration structurelle aux finances publiques. Une dynamique qui, à terme, pourrait réduire les marges de manœuvre budgétaires et affecter les investissements prioritaires.
Le banquier appelle également à une vigilance accrue dans l’utilisation des mécanismes institutionnels. « L’autorisation parlementaire générale ne doit pas être un blanc-seing pour le ministère des Finances et du Budget dans le contexte actuel », a-t-il insisté, plaidant pour un encadrement plus rigoureux et une transparence renforcée dans la gestion de la dette publique.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur la gouvernance financière et la gestion de l’endettement public prend de l’ampleur. Pour plusieurs observateurs, la problématique ne se limite plus au volume de la dette, mais porte désormais sur la qualité des emprunts contractés et leur impact réel sur l’économie nationale.